Dans les coulisses d'Alpine avec le manager communication sport-auto Christophe Deville

Comment Alpine veut parler de son engagement en sport automobile ? Nous avons posé la question à Christophe Deville, manager communication sport-auto pour le Groupe Renault.
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La stratégie de communication de l'équipe française expliquée par Christophe Deville
© Alpine / La stratégie de communication de l'équipe française expliquée par Christophe Deville
Vous le savez certainement : l’engagement d’un constructeur automobile en F1 peut être une vitrine pour doper les ventes de véhicules grand public. Revenu en F1 en 2010, Mercedes était dépassée par ses voisins allemands Audi et BMW. La marque à l'Étoile est montée en 2020 à la huitième place mondiale du top des ventes par constructeur… devant BMW et Audi. Pendant ce temps, Mercedes a accumulé 14 titres en Formule 1, 7 chez les pilotes, 7 chez les constructeurs.

En sera-t-il de même chez Alpine ? Né en 1955 à Dieppe en Normandie, mis en sommeil en 1995, revenu dans le jeu en décembre 2017 avec le lancement de sa nouvelle berlinette A110, (testé en 2019 par la rédaction de Motors Inside) la marque française représente en 2021 le giron Renault en sport automobile.

Le constructeur s’appuie déjà sur une solide équipe de communication d'une dizaine de personnes. Avec l’un de ses piliers : Christophe Deville, qui occupe précisément la fonction de “Responsable de la Communication Presse, Digitale et Interne pour l'ensemble des disciplines où le Groupe Renault est engagé.” Covid oblige, Motors Inside s’est entretenu avec lui en visio-conférence.

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Le rôle de Christophe Deville



Christophe Deville travaille au siège de Renault à Boulogne-Billancourt. Il gère la communication des équipes Alpine, engagées en Formule 1 et en Championnat du Monde d'Endurance (WEC). Sans oublier le Rallye FIA R-GT (avec l’Alpine A110 Rally), l’Alpine Europa Cup, plus les évènements médias autour des pilotes de l’Alpine Academy comme le jeune français Victor Martins.

« Je m’occupe aussi depuis 2015 des relations presse de l’équipe endurance d’Alpine : je prends en charge toutes les demandes des médias » ajoute notre interlocuteur à un calendrier très fourni.

Si il n’est pas l’attaché presse d’Alpine en F1 pour 2021, Christophe Deville connaît très bien la discipline reine. Rentré en 1993 dans le giron Renault comme ingénieur, il s’est réorienté en 2002 vers le métier d’attaché-presse. D’abord en présentant des modèles de série pour Renault et la petite sœur Dacia. Nouveau tournant en 2016 : Renault revient en F1, et une offre d’emploi recherche un chargé de communication pour la partie sport auto. « Je n’ai pas mis longtemps à accepter » sourit Christophe Deville.

Depuis, sa mission se résume derrière cette phrase : « déployer des plans de communication en sport automobile dans le monde, auprès des filiales du groupe Renault. » Comprenez : coordonner et valider la stratégie média de l’engagement de Renault en sport auto dans le monde entier.

Présent jusque-là sur 5 Grands Prix par saison, dont Monaco ou la France, Christophe Deville s’occupe par exemple des voyages presse, en sélectionnant un groupe de journalistes, à la rencontre de l’équipe Renault en F1. Un voyage de presse organisé, que nous vous avons raconté en 2019 au Grand Prix de Monaco, avec des médias variés, sport auto ou même tech et presse lifestyle. Une stratégie précisée :

« Nous avons identifié des médias tech pour leur proposer d’expliquer en quoi notre engagement en F1 sert à la notoriété de la marque Renault et au développement de nos modèles hybrides de demain, comme la Renault Captur ou la Renault Mégane Estate. Ces modèles ont dans leur gènes des parties en commun avec les modèles de F1. »

Alors, l’arrivée d’Alpine chamboule-t-elle la stratégie de communication ? Pas vraiment ! L’objectif est clair pour Christophe Deville : Alpine « veut s’étendre à l'international sur les marchés de l'automobile. »

« Nous avons une véritable pépite avec cette marque Alpine : il faut la présenter »



Avec cet exemple marquant : « en 2016, nous avions organisé un rassemblement aux 6 heures de Fuji avec une communauté de fans japonais de la marque Alpine. Ils sont venus au volant d’une dizaine de berlinettes A110 ! C’est quelque chose de très fort, que l’on doit amplifier sur les circuits. »

Aujourd’hui commercialisé dans une soixantaine de points de ventes en Europe, la marque Alpine veut développer les ventes de son modèle A110 en Europe, mais aussi à Singapour... ou au Japon.

Pour quel public ? Notre public, c’est « une clientèle qui recherche une voiture chic et exclusive. » détaille Christophe Deville. « Une clientèle qui ne rêve pas forcément de s’acheter des modèles grand luxe mais qui connaît l’ADN des voitures Alpines légères et agiles. »

« Notre vocation c’est de faire rêver le public en proposant des belles voitures. On l’a déjà fait par le passé de 1955 à 1995.»

« Nous allons faire perdurer l'héritage d’une marque qui reste à sa place mais qui sait où elle veut aller dans l’avenir. »


Le futur justement, avec le développement de trois modèles 100% électriques sur la période 2021-2025 pour Alpine, dont une berline de segment B, un crossover et la remplaçante de l’A110. Alpine vit avec son temps, après le succès de son historique Berlinette bleue. Sans oublier les grandes heures du rallye, avec la victoire au Monte-Carlo en 1971 et 1973 ou aux 24h du Mans, avec le succès au classement général en 1978.

« Nous nous adressons aussi à la presse millennial via l’Alpine Academy » reprend Christophe Deville. « ça montre aux jeunes que l’on peut faire partie de cette Académie pour arriver un jour en Formule 1. Notre but ici est de trouver des angles comme sur le mode de vie des pilotes. »

Mais la pandémie est passée par là : l'accès au paddock reste pour l’instant limité. Alpine doit surtout vanter ses mérites sur Internet et les réseaux sociaux.

Une communication « à 360 degrés »



Place à une communication “à 360 degrés” selon la formule consacrée, tournée vers les réseaux sociaux et les influenceurs. La palette de communication s’élargit volontairement à la jeunesse, avec le développement de l’image de la marque Alpine sur les réseaux sociaux. Illustration avec le recrutement en février du Youtubeur Squeezie (25 ans, plus de 15 millions d’abonnés sur Youtube, près de 3 millions sur la plateforme Twitch) pour un Grand Prix virtuel des F1 Esport.

« Nous n’allons pas en rester là » promet Christophe Deville.« L’idée de travailler avec cette personnalité nous a permis de toucher une plus grosse communauté virtuelle, et de s'adresser à des gens qui ne regardent peut-être pas les Grands Prix. On espère qu’ils vont s’y intéresser ! »

« On fait un pari sur l’avenir : présenter la marque Alpine à des personnes qui peuvent devenir nos futurs clients. »


Pour se donner de la visibilité en 2021, il faudra poursuivre les bons résultats du Renault F1 Team en 2020. Têtes de gondole du projet, les pilotes Fernando Alonso et Esteban Ocon vont s’impliquer sur et en dehors de la piste. Exemple avec la démonstration du français, qui a piloté une Alpine A110S en ouverture du dernier rallye Monte Carlo. Mais il faudra briller aussi sur les circuits de F1 !

« Nous avons gravi les échelons depuis notre retour en 2016 en tant qu’écurie à 100%. L’objectif est toujours de rattraper les écuries tout en haut du classement pour retrouver le palmarès qu'avait Renault en tant qu'écurie motoriste. Si l'écurie progresse, la notoriété de la marque va forcément briller. »

Le pari de la renaissance d’Alpine se joue dès l’ouverture de la nouvelle saison de F1 le dimanche 28 mars, à suivre bien évidemment sur Motors Inside, comme les essais hivernaux ce week-end !
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