La sécurité en F1 : Les circuits sont aussi fait pour protéger

Les mesures de sécurité des circuits de Formule 1 n'ont cessé d'évoluer depuis leurs créations. Intéressons-nous désormais aux différents éléments présents sur le circuit, ayant pour rôle de garantir la sécurité des pilotes.
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A Singapour en 2016, les pilotes suivent la voiture de sécurité alors qu'une monoplace est évacuée
© Red Bull / A Singapour en 2016, les pilotes suivent la voiture de sécurité alors qu'une monoplace est évacuée

Barrières Tecpro



Depuis désormais plus de dix ans, les Grands Prix de Formule 1 utilisent une nouvelle technologie en matière de barrière. En effet, finis les murs de pneus, absorbant que trop peu les chocs et pouvant être facilement inflammable et place aux barrières de l’entreprise française Tecpro, basée à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône, fondé par Rafaël Galiana en 1998. Ces barrières étant utilisés en karting comme en F1, depuis sa première apparition au Grand Prix de Singapour en 2008, sont des blocs en polyéthylène, reliés entre eux par des sangles. Laissons l’homme à l’origine de ces barrières nous expliquer les bienfaits de cette nouvelle évolution pour la sécurité en F1.

Les barrières de tecpro
© Silverstone Circuit / Les barrières de tecpro sont attachées les unes aux autres


« La force de nos produits, c'est qu'ils forment une barrière souple, dont tous les éléments sont liés car nos blocs s'imbriquent entre eux, explique le patron de Tecpro. Quand une voiture heurte un de nos blocs, l'énergie de l'impact est donc répartie sur tous les autres blocs, qui forment un tout. La supériorité sur les barrières traditionnelles vient de là : les piles de pneus ne sont, elles, qu'une addition de matériaux sans lien, qui amortissent par conséquent moins bien l'énergie des chocs »

En somme, les chocs sont mieux amorti, réduisant ainsi les risques de casses matérielles et physiques. De plus, les voitures ne rebondissent pas et donc ne peuvent être renvoyées sur la piste. A noter qu’en F1, la technologie est plus évoluée puisque les blocs sont remplis avec de la mousse expansée de différentes densités.

A présent, Les barrières Tecpro ont démontré à plusieurs reprises leur efficacité, réduisant drastiquement la gravité de l’impact de nombreux accidents, comme par exemple lors de l’accrochage spectaculaire en F2 entre Aitken et Ghiotto à Sotchi en 2020. Il ne faut pas oublier que ces barrières permettent officiellement de réduire de 40 % les G subis par les pilotes. Aujourd’hui, la barrière Tecpro est devenue la première barrière à avoir reçu le label « FIA Certified ».

Les commissaires de piste



Les commissaires de piste sont présents depuis les débuts de la discipline en 1950. Ces personnes, majoritairement bénévoles, ont un rôle essentiel à chaque Grand Prix et assure la sécurité en piste des pilotes ainsi que le bon déroulement de la course. Ils ont chacun une fonction spécifique, comme intervenir en cas d’accident, signaler un danger à l'aide des différents drapeaux à sa disposition ou encore nettoyer les débris.

Effectivement, afin d’être le plus efficace et le mieux organisé possible, chaque commissaire occupe une place à titre personnel. Tout d’abord il y a le chef de poste qui dirige une équipe de commissaires et coordonne les diverses actions à entreprendre. Il y a également les commissaires préposés au feu, comme on a pu les remarquer récemment lors du terrible accident de Romain Grosjean au Grand Prix de Bahreïn en 2020, qui sont chargés d’éteindre les incendies. Finalement, il y a les commissaires « signaleurs », qui sont chargés d’agiter les drapeaux pour prévenir les pilotes.

La console de EM Motorsport
© Motors Inside / La console de gestion des panneaux lumineux sous la responsabilité d'un des commissaires à chaque poste le long du circuit


Ces commissaires de piste, tous vêtues d’orange recouvert d’une chasuble blanche ainsi que d’un casque sur la tête, étant des bénévoles volontaires, sont formés afin de pouvoir intervenir le plus rapidement et le plus efficacement possible. Néanmoins, malgré les formations ces personnes restent, pour la plupart, des travailleurs bénévoles et donc non-professionnels, ne faisant pas l’unanimité au sein du paddock, notamment auprès des pilotes. Ces derniers militent depuis plusieurs années en faveur d’une équipe de commissaires professionnels, suivant les écuries sur chaque Grand Prix, plutôt que de s’attacher les services des commissaires locaux.

La cabane du poste des commissaires de pistes sur elevée à Bakou pour être visible des pilotes
© Motors Inside / La cabane du poste des commissaires de pistes sur elevée à Bakou pour être visible des pilotes


En effet, après plusieurs incidents regrettables comme lors du Grand Prix d’Emilie-Romagne à Imola en 2020, où des commissaires étaient toujours présents sur la piste alors que les pilotes retardataires se dédoublaient, la question d’une équipe de commissaire professionnelle est légitime. Toutefois, il ne faut pas oublier que ce sont des milliers d’anonymes qui veillent, du bord de la piste, au bon déroulement des Grands Prix. Ils restent à l’affut du moindre fait de course pour éviter que la situation empire, et sont des acteurs essentiels, sans lesquels la Formule 1 n’existerait pas.


La cabane du poste des commissaires de piste surelevée à Bakou pour être visible des pilotes
© Motors Inside / Les panneaux lumineux pour indiquer les drapeaux et si la Safety Car (SC) ou la Virtual Safety Car (VSC) est en cours d'application


Zones de dégagement



La zone de dégagement (« run-off » en anglais) est la surface libre qui longe la piste d’un circuit, principalement à l’extérieur des courbes et virages, permettant l’arrêt d’un véhicule. Ces zones permettent de sécuriser, du mieux possible, le pilote ainsi que les commissaires de course et les spectateurs lors d’une sortie de piste.

Autrefois, la norme pour ces zones étaient régulièrement des bacs à graviers, ayant pour avantage de faire freiner rapidement la voiture mais qui comportaient également des failles. En effet, ces monoplaces étant très basse, pouvaient ricocher sur le gravier, ne freinant que très peu la monoplace. On peut citer pour exemple le crash de Michael Schumacher en 1999 à Silverstone.

On peut également trouver des zones de terre ou bien de sable, servant à freiner la voiture mais pouvant également l’embourber. On retrouve très peu de zone à gazon à cause de son faible coefficient de frottement, notamment mouillé. Il arrive parfois au pilote de se retrouver contraint à l’abandon à cause d’une toute petite erreur. Il est également déjà arrivé que lors d’une sortie de route latérale, les roues s’enfoncent dans le gravier entrainant un tonneau de la monoplace.

Désormais on note une préférence pour l’asphalte en tant que zone de dégagement, étant présent sur tous les nouveaux circuits de Formule 1, et ayant été inspiré du circuit Paul Ricard. Ce dernier dispose de différentes bandes d’asphalte ralentissant plus ou moins la voiture.

Les zones de dégagement du Castellet, en France
© Red Bull / Les zones de dégagement du Castellet, en France


Cela semble être la mode du moment car les zones de dégagement des circuits, devraient à l’avenir « comporter des surfaces antidérapantes à forte adhérence », comme le mentionne la FIA dans un rapport publié en mai 2020.

« S’agissant de la conception des zones de dégagement, de nouvelles solutions spécifiques permettant une décélération accrue efficace pour ralentir les voitures hors de contrôle dans les zones de dégagement seront étudiées, y compris l’utilisation de surfaces antidérapantes et à forte adhérence. » a indiqué la FIA dans son rapport.

Ces bandes antidérapantes devraient être intégrer à tous les changements prévus par la FIA à partir de la saison 2022.

La voiture de sécurité



C'est un sujet qui déchaine les passions : faut-il ou non sortir la voiture de sécurité ? Doit-on démarrer sous voiture de sécurité lorsque les conditions sont difficiles ?

La voiture de sécurité a avant-tout un rôle dans la sécurité du circuit. Si les conditions ne sont plus propices à rouler à 100%, elle intervient pour limiter les risques et stopper les combats entre pilotes.

Nous avons eu la chance d'interviewer Bernd Maylander sur ce métier complexe qui est de piloter une voiture de sécurité.

Les grues et dépanneuses pour évacuer les monoplaces



Les monoplaces en pannes ou accidentées représentent le danger le plus proche des pilotes lors d'une session ou d'une course. Il arrive parfois après un accrochage ou un accident que la monoplace reste proche du tracé voire même sur la trajectoire.

Des mesures sont donc prises pour évacuer ses objets qui encombrent la piste. Pour cela, certains circuits utilisent des grues. C'est notamment le cas des circuits urbain comme à Monaco ou à Baku en Azerbaïdjan. Des grues sont postées à tous les virages permettant ainsi d'évacuer une monoplace très rapidement.

Une grue à Monaco
© Red Bull / Une grue mise en place à Monaco


Les dépanneuses interviennent également après un accident. Elles sont postées sur plusieurs postes de commissaires et sont autorisées à intervenir une fois seulement que la FIA le fait savoir.

Les monoplaces sont soient soulevées directement avec la dépanneuse, soit soulevée avec un autre engin de levage mobile.

Les transports médicalisés : ambulance, hélicoptère, medical car



La première assistance médicale auprès d'un pilote accidenté provient de la voiture médicale pilotée par Ian Roberts. Cette voiture est médicalisée pour procurer des soins de premier secours mais n'est pas faite pour transporter le pilote blessé. Elle permet simplement de ramener le pilote au centre médicalisé s’il est capable de marcher et de s'asseoir.

Si ce n'est pas le cas, ou si l'accident semble grave et sur demande de la voiture médicale, une ambulance est dépêchée sur le lieu de l'accident afin de soigner le pilote directement sur place. L'ambulance est équipe de personnel soignant et d'une civière permettant de transporter le blessé de manière la plus sécuritaire possible. L'objectif est de ne rien aggraver de plus que les blessures déjà subies.

Grosjean après son crash à Bahrein
© HAAS / Grosjean evacué avec une ambulance, le médecin et la civière prête en 2020 à Bahreïn.


Si le docteur le demande, le pilote peut être transporté par hélicoptère vers l'hôpital le plus proche. Cet héliportage nécessite des conditions météo clémentes et si il ne peut être réalisé, le Grand Prix est interrompu, quoi qu'en soit les conditions sur la piste.

Le centre de secours médicalisé



Chaque circuit de grade F1, dispose également sur place d'un mini-hôpital permettant de prendre en charge certaines blessures sur place directement. Il s'agit notamment du matériel de premiers secours et de réanimation.

Lors d'un Grand Prix de F1, cet hôpital est sous la responsabilité de Ian Roberts, médecin de la FIA en F1 depuis 2015.

Les structures dépendent selon les évènements et pour les circuits urbains sont détachés aux hôpitaux les plus proches du circuit.

Pour Silverstone par exemple, en Angleterre, l'équipe médicale est composée de Docteurs Anesthésistes, Chirurgiens, Infirmières, Ambulanciers et Radiologues.

« Le nombre de personnes varie selon les activités en piste - pour le plus gros évènement, le Grand Prix de F1, sont déployés plus de 100 personnes, dont 20 du centre médical du circuit. »

Le centre médical de Silverstone est composé également sur place de 4 lits de réanimation, 7 lits d'observation, d'un centre de radiologie, scanner et d'une IRM ainsi que d'une unité de soins pour brûlures.

En plus de ces structures, 5 ambulances et 4 véhicules d'intervention rapides sont postés à différents endroits du circuit.

L'hélicoptère médicalisé de Silverstone
© Silverstone Circuit / L'hélicoptère médicalisé du circuit de Silverstone en Angleterre
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