Pirelli : Poker pneumatique

Pointé du doigt pour son incompétence, Pirelli a encore causé du tort à la course automobile lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan avec deux explosion pneumatiques. Un air de déjà vu pour le manufacturier italien qui s'embourbe dans un débat houleux.
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Pirelli s'est de nouveau placé aux centres des débats
© Motorsinside / Pirelli s'est de nouveau placé aux centres des débats

2 Août 2020, Grand Prix de Grande-Bretagne



Alors que la course est menée par Hamilton bien installé en leader, le pneu avant gauche de Sainz explose sur "Hanger Straight" au 49ème tour puis le même pneu explose sur la voiture de Bottas un tour plus tard alors qu'il n'en reste que trois à tenir. Sans débris sur piste, sans évènements extérieurs, l'agonie de ces pneumatiques est inexplicable. Pirelli prédit pourtant avant chaque Grand Prix la durée possible des types de gommes mais aurait-il exagéré leurs tenues ? La manière de conduire du pilote est-elle facteur de ces évènements ? Les pilotes sont prévenus du risque. L'inquiétude monte alors dans les stands et Verstappen rentre au stand pour s'assurer un podium sans risque.

Pourtant à l'entame du dernier tour, c'est le pneu avant gauche d'Hamilton qui explosera obligeant l'Anglais à finir la course sur trois roues, moment anthologique avec Verstappen en chasseur et Hamilton, en héros, remporte le Grand Prix.

Après le Grand Prix de Grande-Bretagne, les pressions des pneus ont été changées pour assurer une meilleure durée de vie, c'est la marge de sécurité que le manufacturier à imposer à toutes les équipes. Une sécurité qui modifie toute la physionomie de réglages d'une monoplace et implique de nombreux changements pour les équipes. Pirelli produit des pneus mais ne les connais pas assez.

___Hamilton en course à Silverstone___
Daimler - Hamilton en piste à Silverstone en 2020


6 Juin 2021, Grand Prix d'Azerbaïdjan


Moins d'un an après, bis repetita. Stroll qui faisait une très belle course connaît un problème sur son pneu arrière droit en pleine ligne droite. Le pilote canadien ne peux maitrise sa monoplace lancée à plus de 300km/h et percute violemment le mur. A 5 tours de la fin de course, c'est Verstappen, leader qui connait le même sort.

Face au danger potentiel sur la tenue des pneus en fin de course, la FIA brandit le drapeau rouge pour permettre à toutes les équipes de changer de train de pneus et d'éviter un autre accident. Pirelli est clairement mis en cause. Certes les fins de courses sont palpitantes et remplies de rebondissement mais le risque est monté d'un cran. Sur cette ligne droite hyper rapide dans les rues de Bakou, les risques sont plus grands. Pas de zone d'échappement, la piste est bordée par des murs, la moindre erreur ou le moindre incident de ce genre conduit immédiatement à l'accident.

Pirelli est directement incriminé sur la composition de ces pneumatiques, sur ses estimations quant à leur durée de vie. Pourtant le manufacturier a toujours refusé d'être la cause principale de ces péripéties accusant la piste, les vibreurs, les débris d'avoir affaibli ces pneus. Comprenez bien que si le problème venait d'eux, tous les pilotes en auraient subi les mêmes conséquences. Fournisseur unique de la Formule 1 depuis 2011, Pirelli a dû s'adapter aux exigences de ce sport. En 2019 un changement dans le procédé de cuisson du pneumatiques a été mis en place (ce qui lui donne aujourd'hui ce film brillant lorsque le pneu est neuf). Malgré ces changements, rien n'a changé.

___Légende___
RedBull - Perez vainqueur en Azerbaïjan


Les mesures prises face aux risques aussi. En Azerbaïdjan, la FIA a stoppé la course. La position de la voiture de Verstappen ne permettait pas de l'évacuer rapidement mais sortir le drapeau rouge a permis d'éviter un potentiel scandale en permettant aux équipes de changer les pneus sans frais.

Cet acte est-elle le début d'une perte de confiance de la FIA envers Pirelli ? Difficile à dire alors que le manufacturier italien à prolonger son contrat d'exclusivité jusqu'en 2024 et que le passage aux pneus 18 pouces est acté.

Les pilotes comme les équipes peuvent avoir leurs mots à dire. On attend des pneus une performance étincelante avec un niveau de dégradation, une durée de vie qui font de la Formule 1 le sport d'élite qu'il est. Or sur deux saisons, Pirelli a chamboulé des courses en donnant des informations inexactes aux équipes. Certes tous les éléments ne peuvent pas être pris en compte mais incriminer les vibreurs semble bien dérisoire... La course automobile est dictée par le talent des pilotes, le savoir-faire de l'écurie, le manufacturier unique entre dans cette boucle et doit être à la hauteur, il est l'une des bases de ce sport.

Le débat d'un fournisseur unique en Formule 1 refera sans doute surface après les évènements de Bakou. Goodyear, Bridgestone, Michelin, Pirelli... Tous ont fournis des pneus pour ce sport avec plus ou moins de succès, mais n'est-ce pas donner une chance supplémentaire aux écuries que de pouvoir choisir leur fournisseur. Les tendances actuelles mènent à la standardisation des pièces, au gel moteur, au plafonnement des coûts. Pourtant les écuries sont toujours libres de choisir leur moteurs alors à quand les pneus ?
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Grand Prix d'Azerbaidjan

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