Grand Prix d'Autriche 1984 - La 400ème de la F1
L'Autriche 1984, la course clé pour le titre cette saison
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Grand Prix d'Autriche 1984 - La 400ème de la F1

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L'Autriche 1984, la course clé pour le titre cette saison

À l’occasion du Grand Prix d’Autriche qui se tient ce week-end, Motors Inside revient sur le 400ème Grand Prix de l’histoire de la Formule 1. En ce 19 août 1984, la bataille pour le titre de champion du monde entre Niki Lauda et Alain Prost continue, mais la lutte tourne à la faveur de l’Autrichien qui remporte son premier succès sur ses terres.

En cette saison 1984, McLaren revient au plus haut niveau après quelques saisons difficiles. L’écurie britannique peut compter parmi ses rangs le double champion du monde Niki Lauda et le talentueux français, Alain Prost qui revient dans l’équipe de Ron Dennis après un passage chez Renault.

Le début de saison est à l’avantage de Prost et mène le championnat du monde, juste devant son coéquipier. L’Autrichien, qui est revenu en F1 et tente de ramener McLaren vers les sommets, est à la recherche d’un troisième titre mondial (après 1975 et 1977). De son côté, Prost cherche à obtenir sa première couronne mondiale après l’avoir loupé de peu entre 1981 et 1983.

Alors qu’il ne reste que 5 manches dans cette saison, les pilotes se rendent en Autriche pour courir le 400ème Grand Prix de l’histoire de la F1. Cette course, va s’avérer déterminante pour l’attribution du titre et verra Niki Lauda triompher devant son public, pour la première fois.

La malchance de Prost continue



Le week-end commence idéalement pour le « Professeur » qui s’élance depuis la deuxième position, tandis que Lauda part 4ème. Lors du départ, Prost s’envole et prend le meilleur sur Piquet, alors en pole position. Cependant, un problème avant l’extinction des feux force la direction de course à sortir le drapeau rouge.

Victime d’un ennui sur sa Lotus, Elio de Angelis fait signe au commissaire de course qu’il ne peut s’élancer, au moment où les feux passent au vert. Les autres pilotes parviennent à éviter l’Italien, mais la course est suspendue.

Les pilotes descendent de voiture et les spectateurs assistent à une scène inimaginable aujourd’hui. Lauda et Prost discutent ensemble, comme si la lutte pour le titre n’affectait pas leur relation. Les deux pilotes McLaren profitent de l’interruption pour reparler de l’incident du départ.

« Il (le commissaire de course) était sur le point d’appuyer sur le vert, mais il a regardé une dernière fois et de Angelis a levé le bras. Il avait appuyé mais a changé d’avis. Ça a fait : rouge, vert, jaune, rouge », explique Niki Lauda à son coéquipier.

La course reprend finalement quelques minutes plus tard. Nelson Piquet, qui a réalisé la pole position garde la tête, avec Alain Prost tout prêt de lui. Lauda est lui 3ème, bien plus loin que les pilotes devant lui.

Dans le reportage « 1000 » de Canal+, Jo Ramirez, l’ingénieur de McLaren explique que Prost avait un problème de boîte de vitesse, son levier était cassé. Il devait le tenir d’une main et conduire avec l’autre.

Au 28ème tour, Elio de Angelis casse son moteur et répand de l’huile partout dans le dernier virage. Piquet est le premier à arriver sur les lieux, le Brésilien est à deux doigts de perdre le contrôle de sa Brabham, mais arrive à la contrôler. Prost, qui le suit n’a pas la même chance. Le Français perd sa voiture puisqu’il conduisait que d’une seule main, il termine sa course dans l’herbe et doit abandonner.

La grande première pour Lauda



Douze boucles plus tard, Lauda est revenu sur le champion du monde en titre, et parvient à le doubler. Mais la joie est de courte durée, puisqu’au 42ème tour, le pilote McLaren ralenti subitement et lève le bras. On croit alors à un abandon, mais en réalité, celui que l’on surnomme « L’ordinateur » est victime d’un problème de boîte de vitesse. Ce souci mécanique ne perturbe que quelques instant l’Autrichien, qui s’en va chercher sa première victoire à Zeltweg, à 35 ans.

« J’ai perdu la quatrième vitesse à 15 tours de la fin. Je passais directement de la troisième à la cinquième. », explique-t-il après la course.

Le troisième titre s’approche



Lauda remporte son premier succès sur les terres autrichiennes. Avec cette victoire, Niki Lauda reprend la tête du championnat. L’ordinateur compte 4,5 points d’avance sur Alain Prost.

Amer, Alain Prost accuse les commissaires de piste de ne pas avoir signalé les traces d’huile sur la piste dans le dernier virage. Nelson Piquet en profite alors pour taquiner le Français en déclarant « Certes l'huile était partout, mais les commissaires nous l'ont signalé aussitôt. J'ai levé le pied... A cet instant, Prost a accéléré pour me reprendre du terrain. Je n'ai pas compris pourquoi... ».

Une fois descendu du podium, le vainqueur du jour tente de réconforter son coéquipier : « Si tu n'étais pas sorti sur cette maudite flaque d'huile, c'est à moi que ce serait arrivé ».

Cette course en Autriche est un véritable tournant en cette saison 1984. Niki Lauda profite alors de sa victoire pour reprendre les rênes du championnat et sa fin de saison est quasi parfaite. Prost ne parvient pas à reprendre suffisamment de point et l’Autrichien décroche sa troisième couronne mondiale, lors du dernier Grand Prix pour ½ point, le plus petit écart qui a titré un pilote.

Après être passé une nouvelle fois à quelques centimètres du titre, Alain Prost prendra finalement sa revanche l’année suivante, avant de rééditer l’exploit en 86, 89 et 93.
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