Interview - Victor Martins, sur la lancée du Grand Prix de France (1ère partie)

Le pilote français de l’Alpine Academy a marqué les esprits fin juin au Castellet avec 2 podiums en 3 courses de Formule 3.
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Victor Martins a répondu aux questions de Motors Inside depuis l'Atelier Renault sur les Champs-Elysées à Paris
© Alexandre Lepère / Motors Inside / Victor Martins a répondu aux questions de Motors Inside depuis l'Atelier Renault sur les Champs-Elysées à Paris
Il était le seul français sur le podium du Grand Prix de France 2021 ! Derrière la Formule 1 Victor Martins est monté sur 2 podiums de Formule 3, l’autre catégorie de monoplace proposée aux 15 000 spectateurs présents au Castellet le week-end du 18 au 20 juin.

Victor Martins s’est précisément montré le samedi, le jour des deux courses sprint. Une 2e place glanée le matin et une 3e place l’après-midi ! Double performance accompagnée d’une 4e place sous la pluie le dimanche matin lors de la course principale.

A seulement 20 ans (il vient de les fêter le 16 juin), Victor Martins est l’un des deux principaux espoirs du sport automobile français en monoplace, avec Théo Pourchaire, vainqueur à Monaco fin mai en Formule 2. Le pilote ART Grand Prix s’était également confié sur notre site en novembre 2020.

Aujourd’hui, place à Victor Martins. Le pilote originaire de la région parisienne nous a reçu « à la maison » : à l’atelier Renault sur les Champs Elysées. A côté de lui, une Alpine A521, la monoplace F1 pilotée par Fernando Alonso et Esteban Ocon. Mais avant de penser à la Formule 1, Victor Martins revient avec nous sur son brillant week-end au Castellet, et ce qui peut changer pour la suite de sa carrière. Interview réalisée juste avant un départ pour l’Autriche et le troisième meeting de la saison de Formule 3, du 2 au 4 juillet sur le circuit du Red Bull Ring.

Bonjour Victor ! Merci de prendre le temps de nous répondre… Tu sors d’un week-end très probant au Castellet… Juste avant d’arriver au Red Bull Ring, comment analyses-tu tes performances du Grand Prix de France avec le recul ?

« Je pense que c’était un très bon week-end, avec de la performance. On avait déjà eu un peu ce sentiment avec mon équipe (MP Motorsport) à Barcelone sur le premier meeting. J’arrive à bien exploiter mon potentiel dans la voiture. L’équipe m’aide en me donnant une voiture performante. Pour l’instant, c’est positif ! »

Dans le détail, quelle image retiens-tu en particulier de ce week-end au Castellet ? La remontée de la première course (de la P12 à la P2) ? Celle de la course 2 (de la P11 à la P3) ?

« Je retiens les deux remontées, et surtout les dépassements que j'ai fait ! Pour être honnête, je n’ai pas l’habitude d’être comme ça, aussi agressif et opportuniste. Je travaillais dessus sur mes saisons précédentes. Pareil à Barcelone sur le premier meeting : j'étais trop sur la retenue. Il fallait que je saisisse les opportunités ! »

On pense par exemple à ton dépassement dans le dernier virage pour la P3 lors de la course 1 (au 16e tour sur 20)… Est-ce que le soutien des supporters et ce côté “course à la maison” t’ont aidé ?

« C’est sûr ! Je me demandais si j’allais avoir de la pression en roulant au Paul-Ricard. Franchement, je pense que j'ai bien géré. J'ai pris toute la force du public français pour regarder de l’avant et prendre du plaisir. Tout était dans le contrôle. A chaque dépassement, c’était propre. Je dois continuer comme ça ! »

« Tout était dans le contrôle. A chaque dépassement, c’était propre ! »


Comme Max Verstappen en Formule 1, vous avez aussi dépassé à la Chicane Nord pour prendre la tête de la course. Vous retenez ce moment ?

« Oui face au pilote russe Alexander Smolyar (ART Grand Prix). J’ai fait aussi un dépassement à l'extérieur au virage 12, le virage du Bendor (après le double droite du Beausset). Celui-là, il était pas mal ! C’est toujours plus facile avec une bonne voiture, on regarde devant. »

Mais que vous a dit au débrief le patron de l’Alpine Academy Mia Sharizman ? Bravo, ou “il y a encore des choses à améliorer ?”

« D’abord bravo ! Il y a toujours un bravo après des courses comme ça. Mais Mia m’a rappelé que j’aurais pu être plus intelligent sur la première course et attendre pour dépasser et chercher la victoire. Ce n'est pas de la critique, c’est juste pour nous rendre meilleur. Je prends tous les conseils qu’il a à me donner.
»

« De mon côté, je ne suis pas forcément déçu. Je me suis dit “voilà, j'essaye de doubler, de prendre de l'avance.” Ça ne s'est pas fait. Je n'ai pas gagné, mais en partant douzième, je pense que personne ne pouvait être déçu de mon résultat à la fin. »



Vous êtes en tout cas le premier français à remonter sur un podium en monoplace au Grand Prix de France depuis le regretté Anthoine Hubert en 2019. Vous y avez pensé sous le casque dès le tour de décélération ?

« Oui et je pense souvent à Anthoine, que ce soit au quotidien ou dans la voiture. J'ai énormément appris avec lui, sur sa façon de travailler dur pour atteindre l’objectif. J’essaye d’être un peu comme lui. Je lui ai dédié mes podiums, je l’ai fait avec amour ! »

« Je pense souvent à Anthoine (Hubert). Je lui ai dédié mes podiums. Je l'ai fait avec amour »


On a aussi senti une communion au Castellet entre vous et le public français...

« C'était incroyable. Je ne savais même pas qu’il y avait du public en arrivant. Et franchement, c'était rempli, même pour la Formule 3. J’ai vu que le public soutenait les français comme nous en F3 (ndlr : Victor Martins et aussi Clément Novalak, Pierre-Louis Chauvet et Reshad de Gerus). J'avais envie de bien faire. C'était top, j'en ai profité au maximum, on n'a pas tout le temps cette chance là. J'ai vraiment essayé d’être dans l’instant, en me concentrant sur moi-même et penser à célébrer avec tout le monde après ! »



Victor, ce Grand Prix de France réussi est-il déjà un moment bascule, un moment fort dans votre jeune carrière ?

« Ça peut lancer une saison ! C'est sûr qu’en terme de confiance, pour moi et pour l'équipe, ça peut nous donner énormément de force et de sérénité dans notre travail. Il faut continuer comme ça, mais il va falloir confirmer après chaque week-end. On est sur une note positive. Après lancer une carrière ? Je ne sais pas. En sport auto, si on fait un week-end extraordinaire et un week-end faible ensuite, tout le monde va retenir le dernier, le week-end faible. Je dois d’abord rester concentré. »



Qu’est ce qui a fait le déclic au Castellet ?

« Je pense que j'ai déjà beaucoup travaillé pendant les essais d’avant-saison. Je me suis senti directement à l’aise dans la voiture. Même si j’étais très tendu à Barcelone sur le premier meeting. C’était ma première qualif avec 30 voitures ! Là au Paul-Ricard, j’étais beaucoup plus calme. J’ai mieux construit ma qualif’ (terminée à la 3e place). J’ai aussi noté tout ce que je devais améliorer. Notamment ma confiance, en regardant plus souvent devant que derrière moi. Au Paul-Ricard, c’est ce que j’ai fais et c’est ce que je dois garder sur mes prochaines courses. »

« J’essaie aussi de ne pas trop penser aux pneus dans les premiers tours, parce que quoi qu’on fasse en Formule 3, on ne peut pas vraiment attaquer à la fin, les pneus se dégradent quand même. Donc il faut être opportuniste et agressif dés les premiers tours. Pousser intelligemment les pneus. Travailler sur les datas, avoir confiance en son ingénieur, qui est comme mon pote, on se dit tout ! Tout ça fait la différence. Mais il faut continuer et aller voir plus haut. »

« Au Paul-Ricard, j'ai regardé plus souvent devant que derrière moi ! »


Voir plus haut que votre deuxième place actuelle au classement des pilotes avant le troisième meeting au Red Bull Ring ? La course au titre ?

« Non, je pense que ce serait une erreur de penser au titre dès maintenant ! ça marche bien pour l’instant de ne pas penser au championnat. Je dois juste penser à mon développement. Même en 2020 et 2019, j’ai essayé de ne pas penser au titre. C’est au moment où j’y pensais le moins que je suis allé chercher la victoire à la fin. Et c’est là où je prenais le plus de plaisir dans la voiture. Donc pour l’instant, je prends les choses course après course, et séance après séance. C’est la constance qui va peut-être me mener au titre ou à une bonne position au championnat. »

On peut alors vous souhaiter une 1ère victoire en Formule 3 dés ce week-end du 2 au 4 juillet sur le Red Bull Ring ? Le succès est possible sur un circuit en particulier avec votre voiture ?

« La victoire est envisageable partout si on travaille bien sereinement et qu’on démarre bien le week-end. Mais je n’ai pas envie de me dire “ce sera ce week-end”. Si ça doit attendre plus tard, ça attendra. L’idée est vraiment de continuer sur ma bonne forme. D’être régulièrement aux avants postes et de prendre des points. Mais si je peux prendre une pole ou une victoire dés ce week-end, je ne vais pas hésiter ! »

« L’idée est vraiment de continuer sur ma bonne forme. D’être régulièrement aux avants postes et de prendre des points. »




Son retour dans l'Academy Alpine, le niveau de la Formule 3, ses ambitions pour la suite de sa carrière... retrouvez ce mercredi 7 juillet la seconde partie de notre interview avec Victor Martins !
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