La sécurité en F1 : la voiture de sécurité et son (pas seulement) pilote

La sécurité en F1 peut-être active ou passive. Dans le cadre de ce dossier nous allons nous concentrer sur un élément actif de la sécurité en F1, la voiture de sécurité. Bernd Mayländer - actuel pilote de la FIA - a répondu a nos questions sur le sujet et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'être un pilote chevronné.
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La voiture de sécurité a la particuliarité en 2021 d'être founie par deux constructeurs différents. Aston Martin et Mercedes se partagent en effet les circuits du championnat.
© Aston Martin / La voiture de sécurité a la particuliarité en 2021 d'être founie par deux constructeurs différents. Aston Martin et Mercedes se partagent en effet les circuits du championnat.

Qu’est ce que le métier de pilote de voiture de sécurité en F1 ?



Plus connu sous son appellation anglophone, safety car, la voiture de sécurité est le véhicule qui sert à neutraliser le déroulement d’une course. Celle-ci intervient la plupart du temps en cas d’accidents, de débris sur la piste ou de conditions météorologiques trop dangereuses. Elle se place devant le leader et dicte le rythme de course afin de ralentir le pilotes et de former un peloton. Durant ce temps, les commissaires de course peuvent dégager librement le circuit, ou encore les médecins peuvent venir en aide à un pilote blessé.

La rédaction de Motors Inside s’est donc penchée sur un métier clé du sport automobile et notamment de la Formule 1, celui de pilote de voiture de sécurité. Nous avons pu obtenir une interview exclusive de Bernd Mayländer le pilote de voiture de sécurité de la Formule 1. Ancien pilote automobile allemand de Grand Tourisme et de DTM ( championnat allemand de voiture de tourisme ), il devient le pilote de la voiture de sécurité de Formule 1 en 2000. Désormais il a passé plus de 700 tours à la tête d’un Grand Prix, dépassant certaines légende de la compétition comme Mark Webber, Juan Pablo Montoya ou encore Jacques Villeneuve.

Durant cette interview, nous avons posé des questions à Bernd Mayländer au sujet du rôle de son métier dans la sécurité en F1. Tout d’abord, il a tenu à nous rappeler qu’il n’était pas seul au sein de cette safety car. En effet, Mayländer est en permanence accompagné de son copilote Pete Tibbetts. Celui-ci a un rôle prédominant, faire part de toutes les informations nécessaires à Bernd, afin qu’il puisse assurer la sécurité des pilotes. En réalité, c’est encore plus que cela, comme nous confiait Bernd Mayländer: « beaucoup de personnes sont concernés pour assurer la sécurité des pilotes, ce qui implique une parfaite cohésion et un travail d’équipe hors-pair. »

En effet, la safety-car étant directement sur la piste, elle peut donner des informations plus précise et Mayländer peut notamment faire part de son ressenti à la direction de course. Si la voiture de sécurité remarque quelque chose, elle peut le faire parvenir à la direction de course qui peut alors prévenir les commissaires de course si cela nécessite leur intervention.

Le pilote de la voiture de sécurité doit également être sécurisé au sein de son véhicule. De ce fait, on retrouve au sein de la safey car, des sièges de courses, un système d’attache de ceinture à six points comme dans les voitures de course. Contrairement au pilote, Bernd n’est pas équipé du système HANS (Head And Neck Support) : « On a pas le Hans à l'intérieur car on a principalement besoin d'être agile dans une voiture comme ça, notamment dans la voiture médicale. On doit constamment être à la limite et on doit rester agile le plus possible. De notre point de vue c'est un peu inconfortable d'avoir le Hans pour ce que l'on doit faire dans la voiture. », nous explique-t-il. Toutefois, les voitures sont bien équipés d’arceaux de sécurité, Mayländer est évidemment vêtu de sa combinaison et porte son casque. Des éléments essentiels afin de garantir sa sécurité comme il le déclare : « D'ailleurs aujourd'hui si je suis dans ce genre de voiture sans la combinaison et sans mon matériel on est pas en sécurité. ».

Bernd Mayländer dans la safety car en 2003
© Mercedes / Bernd Mayländer dans la Mercedes CLK 55 de la saison 2003 de F1


En somme, toutes les précautions semblent avoir été prise afin que tout soit sécurisé : « Au final toutes les choses nécéssaire sur un niveau général de sécurité dans une voiture, on l'a, surtout avec ces deux produits [les voitures Mercedes et Aston] qui sont super pour la sécurité. ».

« Si je suis dans ce genre de voiture sans la combinaison et sans mon matériel on est pas en sécurité »


Un travail d’équipe



Pour préserver la sécurité des pilotes et rendre la Formule 1 de plus en plus sûre chaque année, cela demande une cohésion d’équipe sans faille entre tous les acteurs étant chargés de cette mission. Pilote de safety car, copilote de safety car, direction de course, commissaires de course ou encore medical car, tous doivent travailler ensemble s’ils souhaitent être efficaces dans leurs rôles respectifs. Lorsque l’on demande à Mayländer, comment il communique et s’organise avec la médical car, ce dernier nous rappelle que c’est avant tout des gens qui se connaissent et qui savent travailler en harmonie. « C’est de l’amitié et de la cohésion de travail, tout le monde sait ce qu’il a à faire », exprima-t-il.

Le rôle de la medical car reste très différent de la safety car, bien qu’ils reçoivent tout deux les mêmes informations. Lorsque la voiture de sécurité est déployée, elle laisse passer au plus vite la médical car afin qu’elle roule devant elle, et qu’elle puisse assurer sa sécurité. Si l’on nécessite l’intervention de la medical car, alors c’est elle qui a la priorité sur la piste car cela signifie qu’il y a des dommages importants.

La voiture de sécurité et la voiture médicale à Spa en 2007
© Mercedes / La voiture de sécurité (Mercedes CLK 63 AMG) et la voiture médicale (Mercedes C55 Break AMG) à Spa en 2007.


Cette notion de travail d’équipe, et de bonne communication entre les différents métiers de la sécurité en F1, on la retrouve également lorsqu’il s’agit de l’implication de Bernd Mayländer concernant les progrès de la sécurité dans la discipline et l’évolution de son rôle en tant que pilote de safety car. En effet s’il souhaite exprimer son avis concernant ce sujet, ou bien même un sujet quelconque en rapport avec son rôle, alors il est libre de le faire aisément, apportant son expérience pour renforcer la sécurité. Il peut faire part de ses remarques à la FIA qui agira en conséquence. Tout le monde travaille ensemble, la cohésion étant le mot d’ordre afin de préserver la sécurité des pilotes. « La sécurité est un sujet clé » déclara Mayländer.

« C'est de l'amitié, de la cohésion de travail »


Des entrainements essentiels



Durant les week-end de Grand Prix, les pilotes roulent sur le circuit à partir des séances d’essais du vendredi. Toutefois, la safety car profitera du jeudi afin de pouvoir s’entraîner et se familiariser avec la piste. Bernd Mayländer nous confiait qu’il profite du jeudi matin pour analyser et étudier le circuit, puis l’après-midi, il prend ses marques en conduisant sur le tracé. Il nous expliquait que ce premier après-midi est essentiel, qu’il est très important de se familiariser avec les circuits, comme à Monaco par exemple, étant une piste très compliquée. Durant ces phases de reconnaissance du circuit, c’est également le moment de faire des tests systèmes, comme la radio assurant la communication entre Bernd et la direction de course. La FIA doit également vérifier de son côté que tous les instruments technologiques fonctionnent, comme la map GPS par exemple. Il y a énormément de détails à prendre en compte et dont il faut s’assurer le bon fonctionnement. « Evidemment, le plus important pour moi est de m’entraîner à bien conduire dans les limites, de me tester. » concluait Mayländer.

Bernd Mayländer en sortant de la voiture de sécurité en 2017
© Red Bull / Bernd Mayländer en sortant de la voiture de sécurité en 2017 en Autriche


Chaque vendredi, samedi et dimanche matin de Grand Prix, la safety car ainsi que la médical car, continuent leurs petits tests du circuits, pour 2 ou 3 tours, permettant également d’entrainer les commissaires de courses. « Nous devons donc faire ces essais tous les matins des week-end de Grand Prix, afin que tout soit prêt pour les sessions d’essais ainsi que pour la course du dimanche. » exprima-t-il.

« Le plus important pour moi est de m’entraîner à bien conduire dans les limites, de me tester »


En dehors des entraînements lors des week-end de Grand Prix, Bernd Mayländer s’entraine principalement lors de la période hivernal, effectuant des tests particuliers. Ces derniers lui permet de se préparer aux différents circuits, car évidemment les circuits sont tous différents que ce soit entre le Mexique, l’Allemagne, la France… « On fait des tests durant l’hiver, cela peut prendre 3,4,5 jours, selon le calendrier. », déclara-t-il. Ces sessions permettent de vérifier que tout fonctionne correctement également du côté de la FIA, ou encore que les composants électroniques fonctionnent (GPS, communication…). C’est également le moment où Bernd fait part de ses sensations de pilote.

Un domaine en constante évolution



Comme nous l’avons évoqué au début de cet article, Bernd Mayländer est le pilote de la voiture de sécurité en F1 depuis 2000. Cela fait donc désormais plus de 20 ans qu’il occupe son poste. Lorsqu’on lui demande si, depuis tout ce temps, son métier devient quelque peu répétitif ou au contraire, s’il est en constante évolution, il nous répond : « Ça a changé de beaucoup de façons depuis que je suis arrivé sur le circuit. La technique a évolué également, notamment pour la transmission d’informations. (…) Je suis bien dans ce travail, car il évolue beaucoup et pourtant les bases sont toujours les mêmes. (…) C’est un travail d’équipe, un partenariat pour rendre les choses meilleures. »

En tout cas, on peut noter du nouveau pour cette saison quant aux véhicules servant de voiture de sécurité. En effet, deux modèles de deux marques différentes sont utilisés cette année, une Mercedes et une Aston Martin. C’est donc la marque britannique Aston Martin qui fait son apparition cette saison, elle qui fait son retour sur les paddocks de Formule 1 en tant qu’écurie après plus de soixante ans d’absence. Pour Mayländer, Aston Martin est une bonne marque et leurs modèles le sont également. « C’est bon pour la marque, pour la Formule 1 et pour la FIA d’avoir ces deux marques pour équiper la safety car et médical car. » exprima-t-il.

L’alternance entre les deux modèles ne semblent aucunement représenter un problème pour lui.

« Je suis bien dans ce travail, car il évolue beaucoup et pourtant les bases sont toujours les mêmes »

En parlant d’évolution, évoquons même la révolution qui attend la Formule 1 en 2022. Nous avons demandé à Bernd s’il allait devoir accélérer ou garder le même rythme lors de ses interventions en course, s’il avait une sorte de feuille de route pour 2022. « Avec les nouvelles régulations qui seront mise en place les voitures seront moins rapides. On peut déjà constater que les voitures de ce début de saison sont moins rapides que les monoplaces de fin de saison dernière, suite aux nouvelles réglementations mises en place entre 2020 et 2021. (…) Nous allons déjà très vite, bien évidement on le remarque moins en comparaison aux voitures de courses exceptionnelles qui nous suivent. (…) L’année prochaine, pour le rôle de la safety car, il ne devrait pas y avoir de changements notables. Bien évidemment il y aura quelques petits ajustements par rapport au règlement. »

Les safety et medical car en 2021 :



Mercedes Safety Car 2021

Mercedes Safety Car 2021

Aston Martin DBX3 Medical Car 2021

Mercedes Medical Car 2021
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