Kimi Räikkönen - ses 10 plus belles victoires

Alors que Räikkönen s'apprête à quitter, définitivement cette fois, le monde de la Formule 1 à Abu Dhabi, Motors Inside revient sur dix performances mémorables du Finlandais.
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Kimi Räikkönen peut-il réaliser une dernière performance de choix avant de dire au revoir à la Formule 1 ?
© Ferrari / Kimi Räikkönen peut-il réaliser une dernière performance de choix avant de dire au revoir à la Formule 1 ?
Dans quelques jours à Abu Dhabi, et malgré le récent spectacle grotesque mis en scène à Djeddah, le monde de la Formule 1 et son public n'aura sûrement d'yeux que pour le dénouement du championnat entre Lewis Hamilton et Max Verstappen.

Pourtant dimanche prochain un pilote, et non des moindres, fera sa tournée d'adieu. Cet homme c'est Kimi Räikkönen. Réduit à l'ombre depuis 2020, c'est probablement dans l'indifférence générale que le doyen du plateau s'apprête à tirer sa révérence et c'est bien dommage.

Il est réellement triste de voir que, depuis quelques années, le Finlandais est simplement réduit à l'image de l'ex-champion grognon, qui amuse la galerie, sans le vouloir, avec ses frasques et ses interviews dont lui seul à le secret.

Mais il y a eu (sans dénigrer ses capacités actuelles généralement de bonnes factures en course), jadis, le feu sous cette glace comme en témoignent ses performances passés qui l'ont rendu si populaire. Voici le récit de dix des meilleurs courses réalisées par Kimi Räikkönen

Grand Prix de Malaisie 2003



Arrivé en fanfare chez Sauber en 2001, le jeune Räikkönen réalise des performances de choix qui lui valent d'être désigné par McLaren comme le digne successeur de son double champion du monde de compatriote : Mika Hakkinen.

2002 est l'année de la confirmation pour le Finlandais. Malgré une monoplace moyenne à la la fiabilité désastreuse (il doit abandonner onze fois), Kimi signe ses premiers podiums et montre les crocs face à Michael Schumacher et les BMW-Williams mais sans pouvoir s'imposer.

Le succès intervient la saison suivante, au volant d'une monoplace qui n'est qu'une simple évolution de la McLaren de 2002. Il ne s'élance que septième en Malaisie (deuxième épreuve de l'année) mais remonte rapidement. Après plusieurs dépassements et suite à l'abandon de son coéquipier David Coultard, il s'empare des commandes de la course après son deuxième arrêt et ne lâchera plus la tête.

A 23 ans, Räikkönen signe son premier succès en catégorie reine, 39 secondes devant la Ferrari de Rubens Barrichello et avec plus d'une minute d'avance sur le poleman, Fernando Alonso, qui complète le podium. Pour une première victoire, le Finlandais envoie un signal fort.

Grand Prix de Belgique 2004



Un an après avoir manqué le titre pour deux points face à Michael Schumacher, le pilote McLaren connait une entame de campagne 2004 catastrophique. La compétitivité de la MP4-19 se révèle catastrophique et en sept courses, le Finlandais n'aura vu l'arrivée qu'à deux reprises avec autant de points inscrits.

L'écurie britannique amène une version B de sa monoplace à partir du Grand Prix de France mais sur les treize premières manches de la saison, Kimi n'a qu'une pole et un podium à offrir à son équipe.

L'horizon va cependant s'éclaircir à Spa et de quelle manière ! Seulement dixième sur la grille, Iceman fait l'extérieur à quatre voitures au premier virage avant d'avaler Rubens Barrichello à la sortie du Raidillon, dans ce même premier tour. Trois boucles plus tard, le pilote McLaren passe Michael Schumacher, à l'amorce du Raidillon cette fois, et s'empare de la troisième place de David Coulthard dans la foulée.

Seulement devancé par les Renault, Räikkönen va profiter d'un tête-à-queue de Fernando Alonso pour grimper de nouveau dans la hiérarchie. Jarno Trulli sera effacé lors des arrêts aux stands, ce qui va donner le commandement de la course à Kimi qui résistera au retour de Michael Schumacher en fin d'épreuve. Le Finlandais s'offre sa première victoire de la saison (trois autres suivront pour lui en Belgique), un succès plein d'autorité au volant d'une monoplace complètement à la rue par rapport à ses opposantes.

Grand Prix de Monaco 2005



L'édition 2005 du Grand Prix de Monaco marque le partenariat entre la licence Stars Wars et l'écurie Red Bull. Mais en ce week-end monégasque, la force sera clairement du côté de Kimi Räikkönen.

Après une entame de saison compliquée, McLaren arrive boostée par la récente victoire de son poulain en Espagne et compte mettre les bouchées doubles sur le Rocher. Alors que le samedi, Fernando Alonso semble avoir assommé la concurrence avec un chrono stratosphérique en 1min14.125, plus de quatre dixièmes devant son plus proche poursuivant, Räikkönen réduit à néant la performance de l'Espagnol dans un tour d'attaque en 1min13.644.

Le lendemain, le pilote McLaren s'adonne à un festival. Ayant mené tous les tours, le Finlandais réalise la course parfaite pour remporter son seul succès dans les rues de Monaco et s'invite, pour de bon, dans la lutte pour le championnat. Son rival Alonso, qui termine quatrième, est relégué à 36 secondes.

Grand Prix du Japon 2005



La saison 2005 arrive pratiquement à son terme à Suzuka, avant-dernière manche de la saison, mais le champion du monde est déjà connu depuis la manche précédente, au Brésil. Räikkönen aura eu beau tout donner, la fiabilité toujours récalcitrante de sa McLaren MP4-20 lui aura empêcher de jouer le titre à Fernando Alonso jusqu'à la fin.

Piégé par la pluie lors des qualifications, Kimi prend le départ depuis une lointaine 17ème place mais en autant de tours il est déjà septième. Remonté quatrième à la mi-course après un dépassement incisif sur le Baron Rouge, Räikkönen enchaîne les tours rapides avec une vitesse folle et lorsque qu'il ressort des stands au 45ème tour, il pointe deuxième à sept secondes du meneur, Giancarlo Fisichella.

En seulement cinq tours, Kimi remonte et harcèle le pilote Renault. C'est finalement à l'entame de la dernière boucle, dans une manœuvre de dépassement qui rentrera dans la légende, que Räikkönen va s'emparer de la tête de la course

Le pilote McLaren remporte son septième succès de la saison avec la manière, probablement la plus belle victoire de sa carrière. Ce jour-là à Suzuka, Kimi et sa monture ne faisait qu'un.

Grand Prix du Brésil 2007



En 2007, Räikkönen a la lourde tâche de succéder à Michael Schumacher au sein de la Scuderia Ferrari. Pourtant, malgré une adaptation difficile aux pneus Bridgestone, Kimi entame sa saison en dominant son sujet en Australie.

La suite de la campagne se révèle plus délicate à cause de soucis d'adaptation et d'abandons mécaniques qui lui coûtent deux podiums. Mais à compter du Grand Prix de France, le Finlandais revient en force si bien qu'il joue encore le titre face aux pilotes McLaren au Brésil.

Avec sept points de retard, Räikkönen, troisième sur la grille, doit impérativement s'imposer pour maximiser ses chances face à Alonso et Hamilton. Au départ, le Finlandais subtilise la seconde place à Hamilton qui sort large après un duel avec son équipier lors des virages suivants. L'Anglais perd de nombreuses positions mais le pire est à venir pour lui.

Quelques tours plus tard, le jeune Britannique est au ralenti sur la piste après avoir actionné un mauvais bouton sur son volant (une mésaventure similaire arrivera à Heikki Kovalainen la saison suivante ce qui poussera l'écurie McLaren à modifier son volant par la suite) !

Hamilton repart et tente une remontée désespérée qui s'achèvera à la septième position. Dans le même temps, Alonso ne fera pas mieux que troisième et Kimi, quant à lui, prendra les commandes de l'épreuve à Felipe Massa.

Après des années de luttes infructueuses chez McLaren, Räikkönen coiffe au poteau les pilotes de son ancienne écurie (pour un point) et remporte enfin ce titre mondial qui lui a si souvent tendu les bras jusqu'à présent. Il est à ce jour, le dernier pilote champion du monde pour la Scuderia.

Grand Prix d'Espagne 2008



Dans la longue carrière de Kimi Räikkönen, peu se souviennent de sa prestation lors de l'édition 2008 du Grand Prix d'Espagne. Pourtant ce week-end de course, dans son ensemble, sera plus tard décrit, par l'intéressé, comme le meilleur Grand Prix jamais réalisé par le Finlandais.

Alors que ses rivaux ne cessent de faire tomber le chronomètre lors des dernières minutes de la séance Q3, c'est finalement l'homme de glace qui va geler ses adversaires sur place en signant la quinzième pole position de sa carrière.

Sa course sera sans histoire, une épreuve menée de main de maître et de bout en bout mis à part lors des ravitaillements. La conclusion d'un week-end parfait pour Räikkönen qui, après avoir déjà gagné en Malaisie deux courses plutôt, semble déjà se diriger vers un second titre. Il ne le savait pas encore, mais cette victoire sur les terres du roi, Juan Carlos, sera déjà sa dernière de la saison !

Grand Prix de Belgique 2009



En 2009, Ferrari connaît sa pire saison depuis 1993. Jusqu'à la dixième manche du championnat, en Hongrie, les deux pilotes maison ne ramènent qu'un podium chacun, dans la douleur.

Mais alors que la Scuderia pensait avoir touché le fond, voilà que Felipe Massa est victime d'un terrible accident qui va l'écarter pour le reste de la campagne. Bien que les relations avec Kimi et Ferrari se soient tendues depuis un an, tous les espoirs de l'équipe reposent dorénavant sur le Finlandais et quel festival !

Alors que sa F60 ressemblait plus à un veau sur la piste qu'à un pur-sang, le Finlandais va exploiter toute sa science de la course pour signer quatre podiums de rang, le plus marquant d'entre eux étant survenu lors du Grand Brix de Belgique.

Alors sixième sur la grille, Kimi évite la Brawn de Rubens Barrichello dès l'extinction des feux et sort large au premier virage, revenu troisième à l'amorce du Raidillon, il engloutit Robert Kubica et sa BMW une fois le légendaire virage passé. Après un bref passage de la voiture de sécurité, Räikkönen ne perd pas de temps et se débarrasse immédiatement de la surprenante Force India de Giancarlo Fisichella.

Celui-ci aura beau menacer Iceman durant l'entièreté de l'épreuve, Kimi ne va jamais céder et signe la seule victoire de Ferrari cette saison, sa quatrième et dernière sur le célèbre Toboggan des Ardennes.

Grand Prix d'Abu Dhabi 2012



Après une pause de deux ans où Kimi va s'essayer au WRC et à la Nascar, le champion du monde 2007 signe son grand retour au sein de l'écurie Lotus.

Alors que nombreux sont les observateurs à douter de son niveau de performance, Kimi balaye toutes spéculations en ratant la victoire d'un cheveux à Bahreïn (quatrième manche de la saison) après être pourtant parti onzième. Cette saison 2012 marque surtout le retour du Kimi redoutable et sans états d'âmes de ses années McLaren mais malgré cinq autres podiums acquis après celui de Bahreïn, la victoire tant attendue depuis Spa, trois ans plus tôt, n'arrive toujours pas...jusqu'au Grand Prix d'Abu Dhabi.

Quatrième à l'extinction des feux, Kimi est deuxième avant même d'avoir franchi le premier virage. Il attaque rapidement Lewis Hamilton, alors leader, mais l'Anglais résiste. Räikkönen peut cependant compter sur une Lotus (et sur son pilotage) plus économe avec ses gommes que la McLaren pour tenter de reprendre l'avantage sur le champion du monde 2008 mais par un coup du sort ou par chance, la monture du Britannique finit par rendre l'âme au 20ème tour.

La suite appartient à l'histoire, Kimi mène les 35 tours suivants et signe l'un de ses succès les plus populaires. Comment parler de ce Grand Prix sans évoquer le célèbre "just leave me alone, I know what I'm doing" (laisse moi tranquille, je sais ce que j'ai à faire) de Kimi, lancé à son ingénieur en pleine course, devenue la communication radio la plus populaire de l'histoire de la F1.

Grand Prix d'Australie 2013



Malgré un formidable retour en 2012, peu d'observateurs considèrent Kimi et Lotus comme des candidats crédibles pour le titre la saison suivante d'autant plus qu'à cause de ses frasques nocturnes, Iceman rate une séance d'essais privés durant l'hiver

Lors du premier Grand Prix de la saison, Räikkönen s'élance depuis une honnête septième place et en grapille encore deux dès le premier virage. Il attaque ensuite, à plusieurs reprises, Lewis Hamilton qui ne pourra résister guère plus de deux tours.

La Lotus numéro 7 va ensuite dérouler une course parfaite à deux arrêts aux stands (contre trois pour ses principaux rivaux) pour signer le 20ème succès de sa carrière, au nez et à la barde de la Ferrari d'Alonso et de la Red Bull de Vettel. Dans le même temps, l'autre Lotus, celle de Romain Grosjean, termine seulement 10ème à plus d'une minute vingt du vainqueur du jour qui décrira sa victoire comme l'une des plus faciles qu'il n'ait jamais obtenue.

Grand Prix des Etats-Unis 2018



Cinq années ont passés depuis ce fameux Grand Prix d'Australie 2013. On a beau avoir revu le Finlandais sur le podium à de nombreuses reprises depuis mais la première marche se refuse à lui.

Depuis 2014, Kimi est de retour chez Ferrari. Ce come-back très attendu ne donne cependant pas l'effet escompté, le numéro 7 souffre depuis l'arrivée de l'hybride en Formule 1 et bien qu'il soit meilleur année après année, on a l'impression que ses plus belles saisons sont dorénavant derrière lui.

Räikkönen livre, en 2018, sa campagne la plus aboutie depuis ses années Lotus. Mais malgré tous ses efforts, Ferrari décide qu'il est temps de changer d'air et après le Grand Prix d'Italie (où Räikkönen perd la victoire dans les derniers tours) engage le jeune Charles Leclerc pour la saison 2019.

Pas déstabilisé, et allant trouver refuge chez Sauber, l'écurie de ses débuts, Kimi va livrer, aux Etats-Unis, la course que tout le monde attendait depuis son retour chez les rouges.

Dès leur arrivée, au Texas, les F1 tournent si peu à cause des conditions pluvieuses que seule la troisième séance d'essais libres, du samedi matin, permet aux pilotes et à leurs écuries de préparer le Grand Prix. Dans ce contexte où le roulage est minime, l'expérience d'un pilote peut faire la différence, ce qui n'allait peut-être pas être anodin pour la suite.

Initialement qualifié troisième, Räikkönen s'élance finalement en première ligne suite à une pénalité qui fait reculer son équipier, Sebastian Vettel, au cinquième rang. Kimi tente un pari stratégique et prend le départ avec des gommes plus tendres que ses concurrents ce qui lui permet de passer Lewis Hamilton, en force, dès le premier virage. Iceman ne lâchera plus la tête de la course, mis à part lors des changements de pneus. Ce jour-là, ni l'abandon de Daniel Ricciardo, en début de Grand Prix, qui décala la stratégie de Mercedes, ni les assauts d'Hamilton (et de MAx Verstappen, très menaçant en fin de course) n'empêcheront Räikkönen de remporter son 21ème succès en Formule 1, son dernier à ce jour (ce qui en fait le Finlandais le plus victorieux dans la catégorie reine du sport automobile). A la radio c'est le soulagement, même pour cet homme qui ne brise que rarement la glace.

Tel un symbole, ce succès sera signé le 21 octobre, une date au combien importante puisque onze ans plus tôt, Kimi remportait le championnat en ce même jour avec Ferrari.

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