Lauda termine à la 4ème place du Grand Prix d'Italie
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Monza 1976, le comeback historique de Niki Lauda

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© Ferrari / Lauda termine à la 4ème place du Grand Prix d'Italie

Après son accident au Nürburgring, le 1er août 1976, Niki Lauda est revenu à la compétition 42 jours après à Monza, où il termine à la quatrième place.

Dans l'histoire du sport, de nombreux sportifs ou équipes ont réalisé des comeback incroyables. On peut citer par exemple le retour de Cleveland en 2016 en finales NBA face à Golden State, ou encore la « remontada » du FC Barcelone face au PSG. Mais l'un des plus beaux si ce n'est le plus beau, c'est le comeback de Niki Lauda après son terrible accident sur le tracé du Nürburgring.

Alors largement en tête du championnat du monde, Niki Lauda (58 points contre 35 pour Hunt) et le cirque de la Formule 1 se rendent au Nürburgring pour disputer le Grand Prix d'Allemagne. Redouté par de nombreux pilotes pour sa dangerosité, il est même appelé « l'enfer vert » par Jackie Stewart. Et juste avant la course, une réunion exceptionnelle est organisée par l'Autrichien pour décider de la tenue ou non de la course, en raison de la pluie qui s'est abattue sur le circuit. Après délibération, la décision est prise, la course aura lieu.

Un crash à 290 km/h



Quelques instants avant le départ, la pluie s'arrête et une grande question se pose : quels pneus choisir. Sur la grille, tous les pilotes choisissent les pneus pluies, hormis Jochen Mass qui prend les pneus pour temps sec. L'Allemand a fait le bon choix, puisque le circuit n'est humide que par endroits.

Sauvé par Brett Lunger, Harald Ertl, Guy Edward et Arturo Merzario


C'est alors que tous les pilotes plongent dans les stands pour chausser des slicks. L'arrêt de Lauda se passe mal puisqu'il ressort de la pit lane à la 16ème place. Voulant rattraper les concurrents devant lui, l'Autrichien accélère. Et dans la courbe très rapide du Bergwerk, la Ferrari numéro 1 semble se déséquilibrer, part en direction du mur à plus de 290 km/h et s'en va le percuter. Sous le choc, Niki Lauda perd son casque et sa monoplace s'embrase immédiatement. L'épave revient sur la piste et il est percuté par les pilotes qui le poursuivent, qui n'ont pu l'éviter.

Coincé et inconscient dans sa Ferrari, Brett Lunger, Harald Ertl et Guy Edward se précipitent vers lui pour le sortir des flammes, mais n'y parviennent pas. Il faut attendre quelques secondes pour qu'Arturo Merzario vienne dégrafer son harnais de sécurité, pour qu'il soit enfin sorti du brasier.

À lire aussi : La carrière de Niki Lauda en chiffres

Alors gravement brûlé au visage et aux poumons, pour de nombreux pilotes, l'issue était déjà toute tracée. « Les gens parlaient déjà de lui aussi passé », a affirmé l'ancien journaliste anglais Nigel Roebuck, dans le documentaire Quand les pilotes jouent avec la mort. Mais c'était sans compter sur la détermination de celui que l'on surnomme "l'ordinateur", alors transféré, dans un premier temps, à l'hôpital d'Adenau. « Je ne voyais rien, j’entendais juste. Je devais être à l’hôpital. Ma femme est entrée dans la pièce où j’étais allongé et elle s’est mise à pleurer. Ça ne m’a pas aidé et je lui ai dit plus tard "pourquoi as-tu pleuré ? Ça m’a fait mal". Elle m’a dit "Je ne t’ai reconnu qu’à tes pieds". C'était un souci et je me suis dit "Merde, je dois me battre pour rester en vie". »

42 jours plus tard...



Il reste alors entre les mains des chirurgiens avant d'être transféré en soins intensifs pour grands brûlés à l'hôpital de Mannheim. Il y reste une semaine avant de reprendre son entraînement, avec son préparateur physique Willy Dungl, pour ensuite retourner à la compétition, à Monza, une quarantaine de jours après avoir frôlé la mort. « Je savais le risque que je prenais. Le meilleur moyen était de reprendre aussi vite que possible, de ne pas attendre », indiquait Niki Lauda. "L'ordinateur" n'a pu participer comme cela à l'épreuve, il a dû se confronter à l'examen de cinq médecins différents afin de s'engager. Passées avec succès, les consultations lui permettent de reprendre officiellement le volant de sa 312 T2.

Une telle détermination impressionne d'anciens pilotes et notamment le triple champion du monde, Jackie Stewart. « C'est incroyable, les coureurs automobiles reviennent après 3-4 mois, pour Niki c’est un grand miracle. C’est très très fort ce qu’il fait. »

Toutefois, l'Autrichien ne s'était pas fixé d'objectif pour son grand retour. « Ici je ne ne pense pas au championnat, la seule chose qui m’intéresse c’est de faire une bonne course pour moi-même. »

Arrivé 4ème et devant son remplaçant


Qualifié cinquième, Niki Lauda reste prudent et perd de nombreuses positions. Mais l'Autrichien se ressaisit rapidement et parvient à remonter tours après tours. Porté, au sens propre comme au figuré par les tifosi, il termine à la quatrième place, marquant ainsi de précieux points au championnat, lui permettant de garder espoir pour le titre (61 points Lauda, 56 pour Hunt). « C'est impressionnant qu'en si peu de temps, Niki ait pu revenir à un tel niveau dans la course », affirmait Hans-Joachim Stuck, à Monza en 1976.

Lors de son retour, il termine même devant Carlos Reutemann, le pilote que Ferrari avait engagé pour le remplacer lors de sa convalescence.

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