Jean-Pierre Jarier au volant de sa Shadow au Grand Prix de Suisse 75
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La folle histoire du Grand Prix de Suisse... à Dijon !

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© Manou Zurini / Jean-Pierre Jarier au volant de sa Shadow au Grand Prix de Suisse 75

Avec la levée prochaine de l'interdiction des compétitions automobile sur circuit en Suisse, la question du retour de la Formule 1 dans ce pays peut commencer à se poser, mais peut-on vraiment parler de retour ?

Si la Suisse a inscrit son nom au championnat du monde de Formule 1, la course n'a eu lieu que rarement sur ses terres. Et ce, à cause d'un accident dans l'un de ses pays frontaliers, la France. Le samedi 11 juin 1955, lors de la 23e édition des 24H du Mans, la Mercedes-Benz 300 SLR de Pierre Levegh percute l'Austin-Healey de Lance Macklin et s'envole à la fin du 35e tour. Décollant du sol à plus de 200 km/h, elle finira sa course tragiquement dans la foule alentour. Le bilan est le pire pour un accident de sport mécanique : 84 morts, plus de 200 blessées, et des milliers de fans bouleversés.

Les conséquences sur l'automobile sont graves. En plus du bilan humain catastrophique, Mercedes annonce son retrait de la compétition automobile à vie. Il faudra attendre 1998 pour revoir l'étoile sur la piste mancelle, et 2010 pour son apparition en Formule 1. Autre départ de la compétition, cette fois à plus grande échelle : la Suisse.

Alors que d'autres pays optent seulement pour un court retrait honorifique, la Suisse, elle, décide d'interdire toute compétition automobile sur circuit, seules les courses contre la montre de côtes sont autorisées. Cela n'a pas empêché le développement de structure et pilote automobile suisse, car des grands noms suisses ont vu le jour sous le ban helvétique, on peut penser à Clay Raganozzi, vice-champion du monde 74 de Formule 1 et multiple vainqueur de Grand Prix. Sébastien Buemi, ancien pilote de Formule 1, et multiple vainqueur des 24H du Mans et en Formule E. On peut aussi pensé aux écuries Sauber en Formule 1 et Rebellion Racing en Endurance.

La Formule 1 en Suisse



Avant l'interdiction du sport automobile en Suisse, il y a bel et bien eu des Grand Prix en montagne. De 1934 à 1954, les Grand Prix ont eu lieu au Bremgarten, piste de 7,280 km/h, rappelant l'ancien tracé de Spa-Francorchamps. Ce Grand Prix n'a cependant pas eu lieu de 1940 à 1946 pour quelques raisons évidentes, bien que la Suisse fût neutre. Avant 1940, les 6 éditions du Grand Prix de Suisse ont toutes été remportées par des allemands, une fois avec Auto-Union, 5 avec Mercedes-Benz. Après la guerre, et avec les compréhensible difficultés financière de l'Allemagne, les 8 Grand Prix se sont soldés presque tous sans victoire allemande, sauf pour le dernier en 54, remporté par... Mercedes-Benz et un certain Fangio. Les 7 autres Grand Prix ont été remportés par deux marques italiennes : Ferrari et Alfa Romeo

Après l'accident de 55, il n'y a plus jamais eu de Grand Prix sur le territoire Suisse, les courses de côtes demeurées autorisées ainsi que certaines épreuves hors circuit. Il faudra attendre 2018 pour voir une compétition automobile s'organiser sur "circuit", et par circuit il faut entendre installation temporaire au centre de Zurich pour le E-Prix de Zurich de Formule E. Premier E-Prix organisé sur le territoire Suisse, qui sera d'ailleurs remporté par Sébastien Buemi, sur sa terre natale.

Quand un Grand Prix est organisé dans un pays étranger



Effectivement, il n'y a plus de eu de Grand Prix de Formule 1 organisé sur le territoire suisse depuis 1954. Mais il y a bien eu deux Grand Prix de Suisse après 1955. Et ce GP n'était pas tout à fait en accord avec son nom, car la course s'est déroulée en France à deux reprises, en 1975 et 1982, sur le circuit de Dijon-Prenois... Le circuit de Dijon étant proche de la frontière, c'est l'Automobile Club Suisse qui s'est chargé de l'organisation des deux éditions, expliquant la dénomination Grand Prix de Suisse sur terre Dijonnaise.

Le premier Grand Prix de Suisse français de 1975 était considéré hors championnat du monde de Formule 1, signifiant que même s'il s'agissait bien d'une course de Formule 1, et que les pilotes officiels du championnat du monde y prenaient part, cette course ne rapporterait pas de points aux classements. La première place qualificative fut glanée par le pilote français Jean-Pierre Jarier pour l'écurie Shadow-Ford, mais ce dernier fut contraint à l'abandon suite à une rupture de transmission malgré le meilleur tour en course. C'est le pilote suisse Clay Ragazzoni avec sa Ferrari 312T qui gagnera cette course. Parti troisième, il devancera Patrick Depailler et Jochen Mass.

La seconde édition s'est déroulée le 29 août 1982, toujours sur le circuit de Dijon-Prenois, et cette fois-ci, le Grand Prix faisait partie du Championnat du Monde et des points étaient en jeu. La pole position est revenue à Alain Prost, ce dernier mènera 77 tours sur les 80 prévus, mais perdra sa première place au profit du finlandais Keke Rosberg, remonté de 8 places, il devient le premier finlandais de l'histoire à remporter un Grand Prix du Championnat du Monde de Formule 1 l'année où il ira décrocher son premier titre de Champion du Monde. Il retrouve avec lui sur le podium le futur champion du monde Alain Prost et le double champion du monde (à l'époque, ndlr) Niki Lauda. Un podium d'exception qui soldera le dernier Grand Prix de Suisse de l'histoire.

Avec le possible retour du sport automobile en Suisse, il est possible qu'un Grand Prix sur le territoire frontalier se déroule dans les années à suivre, ce serait une merveilleuse opportunité pour rendre hommage à tous les pilotes et écuries suisses qui courent dans le monde, et nous permettre de nous rappeler des victimes du tragique accident de 55.

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