Toro Rosso avait pris la suite de Minardi, qui a perduré 30 ans en Formule 1.
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Les différentes entités des usines de F1 #4 : Faenza

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© Matthias Elbe / Toro Rosso avait pris la suite de Minardi, qui a perduré 30 ans en Formule 1.

Le quatrième volet de la série porte sur une structure aux plusieurs noms, notamment un auquel le public s'est attaché : Minardi. L'usine de Faenza est passée sous le giron Red Bull, mais conserve tout de même un héritage précieux.

1985 - 2005 : Minardi, l'éternel petit poucet



La première véritable apparition de Minardi en F1 remonte à 1985, après un passage par la F2 puis la F3000.

L'écurie était toujours reconnaissable à ses couleurs noir et jaune. Mais l'esthétique (plutôt jolie) des voitures italiennes n'a pas contribué à amener Minardi vers la zone des points. Rentrer dans les six premiers représentait alors une véritable victoire.

La petite Scuderia a même réussi quelques coups d'éclat : se sortir de l'enfer des pré-qualifications dans un premier temps, puis accrocher un premier point à Détroit, en 1988 ! Cette performance relève de l'exploit pour une si petite structure.

Pierluigi Martini a d'ailleurs représenté une sorte de petit âge d'or pour Minardi, à qui il est resté fidèle durant la quasi-totalité de sa carrière. C'est d'ailleurs lui qui a réalisé la meilleure performance en qualifications de l'écurie transalpine : la première ligne au Portugal (1989) !

Jamais cet exploit n'a été réédité. Ce même Martini a été le seul pilote à faire mener une Minardi lors d'un Grand Prix, à Phoenix en 1990. Jamais Minardi n'a pu renouveler l'expérience, mais a acquis son meilleur résultat à Kyalami en 1993 (4e, aux mains de Christian Fittipaldi).

En dépit de quelques petits points par ci, par là, l'équipe de Giancarlo Minardi ne s'est jamais extraite du fond de tableau. L'histoire de l'écurie se résume à cet état de fait, mais aussi à quelques exploits, plus ou moins concrétisés.

Que dire de Luca Badoer ? Formidable pilote d'essai pour Ferrari, peu ragoutant en course...Il a failli égaler le meilleur résultat de Minardi, dans la folie du Nürburgring 1999. Il était 4e...jusqu'à ce que son moteur le lâche. Le voir en larmes sur sa voiture a été un crève-cœur, d'autant que son équipier, Marc Géné, terminait 6e.

D'autres petits faits d'armes ont marqué la fin de vie de l'équipe italienne, dans les années 2000. Après le rachat par Paul Stoddart, Minardi fut le berceau d'un certain Fernando Alonso, débutant en 2001 sur la très jolie PS01. Mark Webber a effectué des débuts fracassants en 2002, avec une fantastique 5e place devant son public à Melbourne.

L'année suivante, Jos Verstappen était sur le point de signer la pole position à Magny Cours, au gré des conditions météo changeantes le vendredi. S'il avait plu le samedi, on aurait eu une première ligne Minardi !

Les derniers points ont été marqués par Christjian Albers, dans la scandaleuse bizarrerie d'Indianapolis en 2005 (5e). Aucune victoire, aucune pole, aucun podium. Un grand et vaillant tour de 30 ans en F1 et puis s'en va.

2006-2019 : de Paul Stoddart à Red Bull : grand changement !



Dietrich Mateschitz s'est dit qu'entrer en F1 en 2005 avec Red Bull pouvait être une bonne idée...alors pourquoi pas avec deux équipes en 2006 !

C'est ainsi que Toro Rosso naquit sur les cendres de Minardi. Traduisons Red Bull en italien, et hop !

Fait intéressant : la STR01, confiée à Scott Speed et Vitantonio Liuzzi demeure la dernière F1 à porter un V10 sur son dos, au beau milieu des V8 2,4L. Sa douce mélodie, au régime limité par équité, n'a pas été l'égal des résultats de la nouvelle petite Scuderia : seul un petit point a été marqué en 2006, par Liuzzi à Indianapolis.

La saison 2007 a été tout aussi compliquée pour l'équipe de Gerhard Berger. Jusqu'au Grand Prix de Chine, totalement fou à l'avant du peloton : Toro Rosso réalise, pour la première fois de son histoire une double entrée dans les points : 4e, grâce à un certain Sebastian Vettel, et 6e avec Liuzzi. Il y avait de quoi jubiler !

La montée en puissance de l'équipe 2 de Red Bull s'est accélérée en 2008. Sebastian Vettel était aligné avec Sébastien Bourdais, avec des fortunes diverses. Le Manceau n'a marqué que quatre points (deux fois 7e), tandis que son équipier allemand s'est fait plaisir.

Non seulement Vettel signait des résultats fantastiques, mais il a en prime remporté un Grand Prix ! En Italie, en 2008, l'histoire était ironique : l'équipe 2 (ou junior) s'est imposée un an avant l'écurie mère, Red Bull. Un doublé était possible, si Bourdais n'avait pas calé sur sa 4e place...

La campagne 2008 reste à ce jour la meilleure pour Toro Rosso : 6e chez les constructeurs, avec un Vettel venu se mêler à la lutte indirecte pour le titre entre Massa et Hamilton (Brésil).

Les coups d'éclat ont été moins nombreux par la suite, mais l'écurie de Faenza a fait grandir des grands noms de la catégorie reine. Daniel Ricciardo, Carlos Sainz Jr., Max Verstappen, Pierre Gasly, entre autres.

Toro Rosso a perduré en ce nom jusqu'en 2019 : avant de changer d'identité, Danill Kvyat et Pierre Gasly lui ont offert un podium chacun (Allemagne et Brésil). Avant des lendemains qui chantent...un peu mieux.

2020 à aujourd'hui : merci, Pierre Gasly !



Red Bull est passé maître dans l'art de la communication. C'est à se demander : « Mais au fait, Red Bull c'est une marque de quoi ? »

La marque de boissons énergisantes a décidé de donner à Toro Rosso le nom de sa branche de prêt-à-porter : Alpha Tauri. Le public s'était pourtant attaché à la version italienne de Red Bull...

Qu'à cela ne tienne, la vie continuait, en dépit d'un championnat 2020 débuté en juillet (crise sanitaire, passons-en les détails).

Il a fallu un Pierre Gasly régulier, mais pas toujours chanceux, pour mener la voiture blanche dans les bonnes places. Le Normand a vu son jour de gloire arriver dans un Grand Prix fou à Monza : quelle n'a pas été l'émotion du public français, après 24 ans de disette pour les Tricolores en F1. Et quel brio de Gasly !

Celui-ci a été injustement traité par l'écurie mère, qui l'a rétrogradé en pleine saison 2019. Son podium à Bakou en 2021, ne convainc toujours pas Red Bull, le préférant à un Pérez parfaitement légitime.

Ni Danill Kvyat, ni Yuki Tsunoda n'ont été les auteurs des plus grands exploits, tandis que Pierre Gasly tient bien la baraque. À l'heure d'écrire ces lignes, la saison 2022 n'est pas encore terminée et bien des choses peuvent encore se passer.

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