Il est le premier Français a signer une pole position en F1
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Patrick Depailler, le casse-cou auvergnat

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Le pilote français a eu une courte carrière en Formule 1, mais son passage a marqué l'histoire de la course automobile.

Ce n'est pas le Français le plus connu de la discipline, mais il a participé à écrire l'histoire des tricolores en Formule 1. Pourtant, c'est sur deux roues que le natif de Clermont-Ferrand débute sa carrière, avant de se lancer en Formule 2, sur le circuit de Charade situé sur les hauteurs de la capitale auvergnate.

En parallèle de la monoplace, le fils de l'architecte Marcel Depailler, qui a entre autres dessiné l'université de Clermont, fait quelques piges dans des rallyes locaux et remporte même, en 1970 le Tour Auto, avec Jean-Pierre Beltoise.

Monaco, élément déclencheur



La saison suivante, c'est avec une Formule 3 que Patrick Depailler remporte son premier titre de champion de France. Il remporte cette même année, le Grand Prix de Monaco, dans cette catégorie, ce qui lui ouvre les portes de la Formule 1, en 1972.

Avec le soutien de son sponsor, Elf, Ken Tyrrell, le directeur de l'écurie américaine il participe à deux courses en tant que troisième pilote. Après cette courte expérience, le Clermontois passe dans la catégorie inférieure, montre une certaine rapidité, monte sur plusieurs podiums, sans pour autant remporter une course.

Malgré tout, il est appelé par ce même Ken Tyrrell pour la saison 1974 pour remplacer son compatriote, François Cevert, décédé quelque temps plus tôt après une sortie de piste sur le circuit de Watkins Glen.

8 juin 1974, dans l'histoire de France


Le pilote ne tarde pas à montrer qu'il est au niveau de la catégorie reine du sport automobile. Dès sa première course avec la monoplace au moteur Ford il inscrit son premier point. Le premier d'une longue série. Quelques courses plus tard, lors du Grand Prix de Suède, il réalise la pole position et entre dans l'histoire du sport français car il devient le premier tricolore à réaliser cette performance. Ni même François Cevert ou encore Maurice Trintignant n'avaient pu faire de même.

En lutte tout le long de la course pour remporter la course, il doit finalement s'incliner pour trois petits dixièmes face à son coéquipier, le Sud-Africain, Jody Scheckter. Le reste de sa première saison complète est plus compliqué puisque les points se font plus rares.

À la lutte pour le titre



La saison 1975 est à l'image de la fin de la précédente. Difficile. Il inscrit seulement 12 petites unités, mais monte sur le podium, à Kyalami. Mais 1976 est une tout autre affaire. Déjà, son écurie surprend le monde entier avec le modèle P34 qui dispose de six roues. Si de nombreuses personnes sont réticentes vis-à-vis de la technologie apportée par l'écurie américaine, les septiques s'en mordront les doigts.

Les deux premiers podiums du Français ont été réalisés à bord d'une monoplace « traditionnelle » avec quatre roues, mais les suivants se feront avec l'étrange engin qu'est la P34. À Monaco, puis en Suède ou encore au Japon, Patrick Depailler (ainsi que Jody Scheckter) prouve que cette technologie fonctionne. Les deux hommes se retrouvent même en lice pour lutter pour le titre de champion du monde. À une certaine distance, certes, de Niki Lauda qui domine tout le début de saison, mais le Français reste dans les poursuivants.

Sur les deux dernières courses de la saison, il entrevoit sa première victoire, mais James Hunt au Canada et Mario Andretti au Japon en décident autrement. Sur l'ensemble de la saison, celui qui a un diplôme de prothésiste dentaire en poche inscrit 39 points (sept podiums), ce qui restera sa meilleure saison en termes de points inscrits.

La victoire arrive enfin



Malheureusement, après l'épopée de 1976, les choses se compliquent pour l'Auvergnat la saison suivante. La Tyrrell P34 troque ses couleurs bleues et blanches pour celles de First National City. Par la même occasion, la technologie imaginée par les ingénieurs de l'écurie ne s'avère plus si efficace que cela. Les podiums à la pelle ne sont plus là, la voiture est moins rapide et la fiabilité est aux abonnés absents (neuf abandons sur la saison).

Sa malchance le poursuit même aux 24 heures du Mans, où il prend part à la course dans la Sarthe avec Jacques Laffite, mais à moins de quatre heures du terme, le duo français est contraint à l'abandon. L'Alpine A442 des deux futurs coéquipiers pointait au deuxième rang.

En 1978, Tyrrell revient à la normale. Les six roues sont laissées au garage et la monoplace reprend des allures de Formule 1 plus conventionnelles. Toutefois, la fiabilité qui faisait défaut au précédent modèle est toujours présent cette année. Mais ces problèmes mécaniques n'empêchent pas le Clermontois de signer un coup d'éclat.

À Monaco, il part depuis la cinquième place et se retrouve second à la sortie de Sainte-Dévote, après un très bon départ. Pendant plus de 30 tours, le pilote Tyrrell ainsi que Niki Lauda, 3e, font pression sur John Watson, qui loupera son freinage à la sortie du tunnel. Le Français se retrouve alors en tête, avec le double champion du monde (troisième titre obtenu en 1984), à ses trousses. Après l'arrêt aux stands de l'Autrichien, il peut contrôle davantage sa course, avant de s'imposer avec une vingtaine de secondes d'avance sur la Brabham floquée du numéro 1. Patrick Depailler remonte une autre fois sur le podium, en Autriche avant de tenter une nouvelle aventure.

Une longue rééducation



1979, est l'année du changement. Pour la première fois de sa carrière, il va découvrir la Formule 1 avec une autre équipe que Tyrrell. Il signe chez Ligier et fait équipe avec Jacques Laffite. L'écurie 100 % Française sera redoutable.

Si Ligier a peu d'expérience dans la catégorie, l'adaptation s'est fait sans mal. La première pole et la première victoire sont venues assez rapidement. Et cette année, le duo va poursuivre la dynamique que l'équipe impose depuis son arrivée en F1. Les deux premières courses sont remportées par Laffite. Après un double abandon en Afrique du Sud et une cinquième place à Long Beach (USA Ouest), Patrick Depailler va de nouveau faire retentir la Marseillaise à Jarama (Espagne). Il s'offre sa deuxième victoire en F1 et par la même occasion devient leader du championnat du monde.

Mais la joie va être de courte durée. Lors de la pause estivale, ce passionné de sports extrêmes se rend sur les pentes du Puy-de-Dôme, le fameux volcan auvergnat pour y faire du delta-plane. Sauf qu'une mauvaise rafale de vent gâche l'excursion aérienne du pilote, qui lui brise les deux jambes.

« Ils trouvent normal qu'on brûle dans une voiture ou qu'on soit accident, qu'on reste incapable de conduire pendant six mois ou un an. Ça c'est tout à fait normal mais on n'a pas le droit d'avoir des activités normales en dehors de notre sport. Un homme a des réactions différentes, il faut être libre, il faut être soit même. Moi j'avais besoin de faire de la moto, de faire de la plongée sous-marine, des tas de sports », expliquait Patrick Depailler lors de son passage à l'hôpital.

« En virage, les voitures vont trop vite. On est arrivé à 3 G d'accélération transversale, ça sollicite trop les pilotes. Pour moi c'est trop vite. C'est merveilleux sur le plan technique, mais je crois qu'on est arrivé trop loin. »


Après une rééducation très longue, le double vainqueur en Grand Prix parvient à convaincre Alfa Romeo de l'engager pour l'année 1980. Mais la voiture est loin d'être au point. Fiabilité et performance n'y sont pas. Les abandons sont plus fréquents que les courses terminées.

Lors d'essais privés sur le circuit d'Hockenheim, il sort de piste à près de 300 km/h dans l'un des virages très rapides du circuit allemand. Le choc lui provoque une fracture du crâne et il décèdera à l'hôpital à huit jours de son 37e anniversaire.

Quelque temps avant ce drame, le pilote confiait à TF1 de ses inquiétudes vis-à-vis des nouvelles monoplaces. « En virage, les voitures vont trop vite. On est arrivé à 3 G d'accélération transversale, ça sollicite trop les pilotes. Pour moi c'est trop vite. C'est merveilleux sur le plan technique, mais je crois qu'on est arrivé trop loin. » Lorsque le journaliste, Roger Gicquel, lui indique qu'il a l'impression qu'il n'a jamais peur de rien, ce dernier lui répond « qu'il a très très peur ».

Patrick Depailler repose depuis désormais 42 ans au cimetière de Crevant-Laveine, non loin de Clermont-Ferrand et un buste en son honneur a été érigé à Chamalières, commune limitrophe de la capitale auvergnate.

Sa carrière en chiffres



SaisonÉquipeCoursesPodiumsVictoiresPolesClassement
11972Tyrrell2000Non classé - 0 point
21974Tyrrell151019e - 15 points
31975Tyrrell141009e - 12 points
41976Tyrrell167004e - 39 points
51977Tyrrell173008e - 20 points
61978Tyrrell165105e - 34 points
71979Ligier72106e - 22 points
81980Alfa Romeo8000Non classé - 0 point
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