L'enquête sur la gestion du Grand Prix de France est toujours en cours

F1. Présent de 2018 à 2022 au calendrier de la Formule 1, le Grand Prix de France a disparu depuis deux saisons, en raison notamment de problèmes financiers. Il laisse sur son passage, une dette de 32 millions d'euros qui reste à régler. Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, en septembre dernier, pour "favoritisme" "détournement de fonds publics" et "recel". Explication.

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La foule sur le circuit du Castellet pour le dernier podium de Formule 1 en 2022
© Motors Inside - Romain Mathon / La foule sur le circuit du Castellet pour le dernier podium de Formule 1 en 2022

C'est un dossier sensible qui concerne la Côte d'Azur depuis plusieurs années. Le Grand Prix de France avait, à l'époque, un contrat avec le circuit du Castellet entre 2018 et 2022. Il n'a pu être renouvelé à cause des enjeux financiers et du manque d'attractivité du Grand Prix de France par rapport à d'autres circuits présents au calendrier.

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32 millions d'euros de dettes, laissées après seulement quatre éditions du Grand Prix de France. Un montant colossal qui a suscité de nombreuses réactions. Les élus qui ont accordé le financement se demandent où sont passés ses millions ? « Je ne peux pas accepter de donner de l'argent public, de l'argent des contribuables, sans savoir pourquoi il y a un tel déficit », déclarait Jean-Louis Masson, président (LR) du Conseil départemental du Var à France 3 PACA. Ils soupçonnent entre autres, des « problèmes de rémunération de ressources humaines ».

Au-delà du problème financier, les actions du Groupe d'intérêt Public (GIP) ont été pointées du doigt. Ce groupe, présidé par le maire de Nice, Christian Estrosi, avait pour but de financer le Grand Prix de France. Le 1er mars 2022, Christophe Mirmand, préfet de la région PACA, acte sa dissolution. Le préfet s'est basé sur deux courriers de Christian Estrosi, il y évoquait des « dysfonctionnements manifestes persistants ». Ce qui signe la fin du groupe né en 2017, à l'initiative de Christian Estrosi, qui permettait au GP de France de revenir l'année suivante, avec une première édition au Castellet, en 2018.

Il aura fallu attendre plusieurs mois pour découvrir que les comptes du GIP étaient fortement dans le rouge. C'est donc après plusieurs plaintes qu'une enquête financière a été ouverte.

Une enquête ouverte

Une enquête a donc été ouverte par le parquet de Marseille, en septembre dernier, après des accusations, de « favoritisme », « détournement de fonds publics » et « recel ». Pour Eric Boullier, directeur général du GIP, « la gestion du GIP n'est pas en cause », affirmait-t-il au micro de BFMTV.

Il a répondu aux accusations de Christelle d'Intorni, député LR de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes qui pointait des dépenses coûteuses, hors domaine sportif. « Elles sont justifiées, elles sont légales. On l'a prouvé, on peut le re-prouver de nouveau. Il faut savoir que nous sommes dans un État de droit, qu'il y a des process et des contrôles réguliers, des commissaires aux comptes, que nous avons même été audités deux fois par l'inspection générale des finances de la région ».

Deux audits ont été commandés par le conseil d'administration du GIP du Grand Prix de France, à des cabinets extérieurs, afin de mettre les choses au clair. Les conclusions, confidentielles, n'ont été présentées qu'aux élus. Pour le maire de Nice aucune anomalie n'a été constatée et les accusations doivent cesser.

Une dette qui reste à régler

Éric Boullier indique, lui, qu'une « grosse partie » de la dette a été épongée grâce à la région et à la Métropole Nice-Côte d'Azur qui a remboursé 12 millions avec la métropole de Nice (5 millions), le département du Var, la métropole de Toulon ou encore l'agglomération de Sainte-Baume. Il reste donc environ 15 millions d'euros à effacer. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dirigée par Renaud Muselier, a elle commandé un audit pour détailler les dépenses et comprendre cette dette, en attendant il refuse de payer.

Lors de cette interview, l'ancien directeur général du GIP, s'offusque qu'on ne retienne pas les points positifs du Grand Prix de France de Formule 1. « C'est quand même dommage aujourd'hui qu'on ne parle que de ça. »
Il rappelle : « Le Grand Prix de France de Formule 1 était un des plus grands événements sportifs français de renommée internationale et qu'en 5 ans il a généré des centaines de millions d'euros de retombées économiques pour tout ce qui a été l'activité locale et dans la région. »

Si retour du Grand Prix de France, quid du GIP ?

Emmanuel Macron a chargé Christian Estrosi de ramener le Grand Prix de France dans le futur. Le GIP a été créé afin de gérer le Grand Prix de France et de le promouvoir, peut importe son circuit. Avec cette dettes qui n'est pas encore effacée, le GIP est techniquement toujours existant.

Si le Grand Prix de France venait à revenir un jour au calendrier, il pourrait donc se revoir attribuer ses dettes à gérer en passif.

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