Retour sur l'ePrix de Buenos Aires : Buemi mène toujours la danse

Retour sur l'ePrix de Buenos Aires : Buemi mène toujours la danse

Toujours bien ancré au sommet de la hiérarchie, la victoire du duo formé par le pilote suisse et l'équipe française marque un triplé historique ! Jean-Eric Vergne et le poleman Lucas di Grassi ont complété le podium de cette manche disputée au cœur de la capitale argentine.

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© Fia/Formula E - Un hat-trick et une position ultra-confortable au sommet de la Formule E pour Buemi
© Fia/Formula E - Un hat-trick et une position ultra-confortable au sommet de la Formule E pour Buemi
La mue de la Formule E est en cours et un homme s'installe durablement sur son trône.
La victoire de l’Helvète ce samedi à Buenos Aires marque effectivement un nouveau tournant. Jamais un pilote n'avait réussi l'exploit de remporter trois courses à la suite. Qui plus est dés le début de la saison ! Avec 75 points marqués (sur 87 possibles, addition faite des points accordés au poleman et au meilleur tour en course), la vie est belle pour Sébastien.
«Il est clair que nous avons actuellement le meilleur package du plateau ! » reconnaissait d'ailleurs l'ex pilote Toro Rosso, une fois le champagne sabré.

Fort d'une avance phénoménale sur le reste de la meute, 29 points sur Lucas Di Grassi ;Buemi n'en garde pas moins les pieds sur terre. «Grâce à cet ensemble, nous sommes effectivement un peu devant le reste du peloton. Mais cela ne fait pas tout ! Nous savons que cette période ne durera pas éternellement. Si nous pouvons obtenir le plus de points possibles pendant tout ce temps, cela serait très bien ! »
Mais en attendant la déconfiture, le natif du canton de Vaud peut dormir sur ses deux oreilles. Le voici disposant d'un « hat-trick » d'avance (pole+victoire+meilleur tour) sur le Brésilien de l'écurie Audi Sport Abt !

Une pole inaboutie pour di Grassi

Avant l'ouragan Buemi, le Pauliste avait pourtant fait le travail en décrochaesnt la première pole-position électrique de sa carrière. Troisième à l'issue de la phase de groupes, Lucas di Grassi enregistrait un temps référence de 1:09:404 ! Le tout en déjouant les nombreux problèmes de freins rencontrés par ses camarades de jeu, pris au piège d'une température élevée sur le tarmac argentin. Au cours de cette Super-Pole, l'ex-pilote Virgin Racing en Formule 1 domina notamment Jean-Eric Vergne, qui avait précédemment réalisé un temps époustouflant de 1:08.7. Le Parisien ne put reproduire pareille performance lors de son dernier tour lancé mais se contenta tout de même du deuxième strapontin.

L'épouvantail Buemi était quant à lui déjà bien placé en troisième position, devant les deux NextEV d'Oliver Turvey et de Nelson Piquet Jr. Une fois encore, les monoplaces anglaises avaient le rythme dans la peau en Qualifications ! Un peu plus loin, on saluait notamment la sixième place de Mitch Evans, qui apportait son premier top 10 pour le Panasonic Jaguar Racing. Deux places devant le héros de Marrakech, Felix Rosenqvist, revenu à la normalité avec sa huitième place. Pire encore, le DS Virgin connaissait une séance compliquée, avec la place de Sam Bird, et l'accident du chouchou local. José Maria Lopez attrapait le mur en sortie du septième virage et cassait dans le même temps sa suspension arrière.

La tactique parfaite de Buemi

Fort d'un palmarès déjà imposant (quatre victoires), Lucas di Grassi pouvait espérer le meilleur de sa position de pointe. Mais le Brésilien n'a guère pu s'échapper. Pourtant bien élancé, le pilote Abt Schaeffler devait ralentir la meute dés le premier tour. Le Full Course Yellow était activé, à cause de l'immobilisation de la Jaguar d'Adam Carroll. Le Britannique restait englué de longues secondes sur son emplacement de départ avant de s'élancer, juste avant le premier passage des autres voitures.
Derrière di Grassi, Vergne et Buemi restaient chacun à leur place, malgré une belle offensive du pilote Renault e.Dams à l'extérieur du premier virage. Juste après la relance, au troisième tour, Vergne montrait les muscles et se jetait à l'intérieur du T4. Dans la foulée, le Suisse effectuait une manœuvre similaire et déposait son rival de la dernière saison. Peu habitué jusque là à rouler en deuxième place, il ne fallait pas plus de trois tours pour que Buemi retrouve sa position fétiche. Le juge de paix était cette fois le premier virage, à l'issue de la ligne droite principale du circuit de Puerto Maduro. A l'aspiration, Buemi prenait les commandes. Il ne les lâchera qu'un seul petit tour, au moment de son changement réglementaire de monoplace, effectué au 21e tour.

Pour le reste, le leader de cette course a reproduit un style qui lui est propre : attaquer fort en fin de premier relais, avant de gérer lors du deuxième. Avec plus de cinq secondes d'avance au passage de la mi-course, l'affaire semblait par conséquent déjà pliée. En bon gestionnaire, le champion en titre a su utiliser le don du Fan Boost pour garder une marge de manœuvre appréciable dans le deuxième relais minimum, malgré le bel effort de Jean-Eric Vergne. D'autant que malgré sa victoire, Buemi n'a pas été épargné par les soucis :

« Cette course ne nous avait jamais réussi, mais nous l'avons fait ! Avec cette chaleur, il y a eu beaucoup de choses à gérer, en particulier avec la température de la batterie. J'ai poussé assez facilement dans le premier relais, j'ai eu le rythme pour passer les autres pilotes. Mais j'ai rencontré plus de problèmes sur la seconde voiture, notamment avec les freins. Cela fut assez difficile de bien conduire la voiture car elle ne freinait pas droit ! »

Juste derrière, on saluera effectivement la belle course du pilote Techeetah, lui aussi propulsé par un moteur électrique Renault. Revenu à deux secondes d'écart, Vergne termine finalement à presque trois secondes du vainqueur de cet ePrix de Buenos Aires.

La mainmise des moteurs électriques Renault

Sur une monoplace un peu moins compétitive que l'an passé, le poleman déchu s'accrochait aux branches pour ne pas dévisser. Dépassé par Turvey puis par Prost, Lucas di Grassi retrouvait du poil de la bête en deuxième partie de course. Aidé par l'immobilisation ratée de la Nextev de Turvey, le Brésilien attaquait Prost pour le gain de la troisième place, et décrochait la timbale dans le premier virage du 24e tour, sans utiliser son Fan Boost !
Son rythme ne fut toutefois pas assez convaincant pour rattraper Vergne, lui-même parti à la chasse de Buemi. Les deux dernières places du podium n'ont donc pas subi de modification jusqu'à l'arrivée. Une menace plana toutefois quelques minutes plus tard par le biais de l'investigation des commissaires, finalement non aboutie. Di Grassi avait effectivement été relâché de façon peu cavalière à la sortie des stands.

Nico Prost devait donc encore se contenter de la quatrième place, la troisième en trois courses. Dans son ombre se trouvait un revenant, en la présence de Nelson Piquet Jr, cinquième de cet ePrix. Soit tout simplement son meilleur résultat depuis la première course de la finale de Londres, version 2014-2015 !

Après une belle bataille, virile mais correcte, Loic Duval et Jerome d’Ambrosio effectuaient eux une double entrée dans les points, avec respectivement une sixième et une huitième position. Tous deux prenaient en sandwich Daniel Abt, revenu du fond de la grille. Oliver Turvey et « Pechito » complétaient quant à eux ce top 10. Le local de l'étape ramenait un maigre lot de consolation à son équipe, affectée par la course « sans » de Sam Bird. Le Britannique toucha le mur avec ses deux voitures. En tentant de glaner le temps du meilleur tour en piste, l'ex-pilote essayeur Mercedes encastrait pour de bon sa DS Virgin Racing dans le dernier tour, au virage n°4. L'écurie franco-britannique pourra toujours se consoler avec le dépassement de dernière minute du triple champion WTCC sur la Jaguar de Mitch Evans. L'équipe rookie n'est elle pas passée loin d'inscrire son premier point dans la discipline...

Au rayon des déceptions, il convient de préciser le sort des deux Mahindra. Felix Rosenqvist comme Nick Heidfeld ont tentés de retarder leur arrêt en s'immobilisant un tour plus tard. Peine perdue, surtout pour le Suédois qui a perdu du temps à démarrer sa deuxième voiture. La révélation de ce début de saison termine cette fois à un tour, ses rêves de gros points envolés.



Classement de l'ePrix de Buenos Aires :

1. S. Buemi (Renault e.Dams)
2. J. Vergne (Techeetah) : +2.996
3. L. di Grassi (Abt Schaeffler Audi Sport) : +6.921
4. N. Prost (Renault e.Dams) : +8.065
5. N. Piquet Jr (Nextev Nio): +9.770
6. L. Duval (Faraday Dragon Racing) : +35.103
7. D. Abt (Abt Schaeffler Audi Sport) : +35.801
8. J. d'Ambrosio (Faraday Dragon Racing): +36.335
9. O. Turvey (Nextev Nio) : +37.111
10. J. Lopez (DS Virgin Racing): +38.206

11. A. da Costa (Andretti) : +43.740
12. S. Sarrazin (Venturi) : +44.243
13. M. Evans (Panasonic Jaguar Racing) : +44.918
14. R. Frijns (Andretti): +49.683
15. N. Heidfeld (Mahindra): +51.456
16. Q. Ma (Techeetah): +1 tour
17. A. Carroll (Panasonic Jaguar Racing) : +1 tour
18. F. Rosenqvist (Mahindra Racing) : +3 tours

Abandons : M. Engel (Venturi)
S. Bird (DS Virgin Racing)

Classement général des pilotes :

PiloteEcurieTotal
1S. Buemi Renault e.Dams75
2L. di GrassiAbt Schaeffler Audi Sport46
3N. Prost Renault e.Dams36
4J. VergneTecheetah22
5F. RosenqvistMahindra Racing20
6S. BirdDS Virgin Racing18
7N. HeidfeldMahindra Racing17
8D. AbtAbt Schaeffler Audi Sport14
9N. Piquet JrNextEV Nio13
10O. TurveyNextEV Nio12
11A. da CostaAndretti10
12J. d'AmbrosioFaraday Dragon Racing10
13L. DuvalFaraday Dragon Racing9
14R. FrijnsAndretti8
15M. EngelVenturi2
16J. LopezDS Virgin Racing2
17S. SarrazinVenturi1
18A. CarrollPanasonic Jaguar Racing0
19M. EvansPanasonic Jaguar Racing0
20Q. MaTecheetah0


Classement général des constructeurs :

EcurieTotal
1Renault e.Dams111
2Abt Schaeffler Audi Sport60
3Mahindra Racing37
4NextEV Nio25
5Techeetah22
6DS Virgin Racing20
7Faraday Dragon Racing19
8Andretti18
9Venturi3
10Panasonic Jaguar Racing0


Les dernières indiscrétions du paddock

La première de Roborace.

Encore en développement, l'histoire retiendra que la course automobile électrique et autonome a vu le jour sur la piste argentine. Deux voitures appelées "DevBots" se sont affrontées peu avant l'ePrix de Buenos Aires.
Dans ce match de l'innovation, la voiture gagnante a parcouru quelques tours de circuit, en enregistrant une vitesse maximum de 185 km/h. Cependant, la deuxième voiture n'a elle pas vu l'arrivée, en sortant de la trajectoire.
Un incident qui montre les voies de développements à parcourir pour les ingénieurs, qui planchent encore sur un véritable championnat de voitures sans pilotes.



Les grands constructeurs allemands toquent bel et bien à la porte de la Formule E !

Le futur est déjà en marche. Selon le site britannique Autosport, de nouvelles équipes auraient effectivement envoyé un dossier de candidature pour intégrer la discipline à l'horizon 2018/2019. Parmi elles, il se murmure que Mercedes aurait posé une option pour rentrer sur la grille.
Dans le même temps, Audi est (comme prévu) en passe de renforcer son engagement auprès de la structure Abt, alors que BMW deviendrait également un constructeur à part entière en englobant la firme Andretti. Quoi qu'il en soit, la balle est désormais dans le camp de la FIA qui doit évaluer chacun des nouveaux projets. La situation se décantera très probablement dés le mois de Mars et l'on scrutera avec attention les déclarations faites par Alejandro Agag, le CEO de la Formule E.

D'ici là, restez connectés sur notre site pour suivre toutes les actualités de la saison de Formule 1 en approche ! De son côté, la Formule E vous donne rendez-vous le Samedi 1er Avril pour le quatrième ePrix, disputé au Mexique, sur l'Autodromo Hermanos Rodriguez.
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