24 Heures du Mans : Le Retour du Roi Porsche

Porsche a signé sa 17ème victoire aux 24 Heures du Mans, la première depuis 1998, grâce à la voiture n°19 du trio Hülkenberg-Bamber-Tandy. Nico Hülkenberg réalise donc un exploit pour sa première participation. Le constructeur allemand signe un doublé historique grâce à l’équipage Bernhard-Hartley-Webber. Vainqueur à treize reprises en quinze ans, Audi est découronné !  Icon For Chat#6  10
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Porsche de retour au sommet
© Porsche / Porsche de retour au sommet
Porsche renoue avec ses heures de gloire

C’est une page historique qui s’est écrite durant cette 83ème édition des 24 Heures du Mans. Le Roi Porsche, recordman du nombre de victoires (17 désormais), a retrouvé son trône, dix-sept années après le triomphe du trio Aïello-Ortelli-McNish sur la 911 GTi 98. Leurs brillants successeurs se nomment Earl Bamber, Nick Tandy et Nico Hülkenberg : ils ne comptaient à eux trois que cinq participations au Mans ! C'est dire si leur victoire - face aux deux autres Porsche et aux trois Audi - a tous les contours d'un morceau de bravoure. Le pilote de Force India, en activité cette saison en F1, réalise donc une performance inoubliable qui devrait donner des idées (ou des regrets ?) à nombre de ses camarades.

Deux ans seulement après son retour en endurance (et 45 ans après sa première victoire sarthoise), Porsche fait tomber Audi de son piédestal. La marque aux anneaux avait récolté la victoire (quasiment) sans interruption depuis l'an 2000. L'impressionnant niveau technologique des monoplaces Porsche aura eu raison de l'expérience des troupes du Docteur Ullrich. Est-ce un tournant dans l'histoire du Mans ? Verra-t-on Audi (membre du Groupe Volkswagen, de même que Porsche) se tourner vers la F1 dans un futur proche ? Les mois suivants y répondront ;mais pour l'heure, l'héritier Porsche pouvait savourer, les larmes aux yeux, le retour au sommet de l'ancienne équipe du gentleman driver, Jacky Ickx.

Les attentes initiales du public n’ont pas été déçues : la course a été rude jusque dans la nuit de samedi, et aura éprouvé durement les mécaniques autant que les hommes. Comme souvent au Mans, la concentration de chaque pilote et la résilience de chaque voiture auront fait la différence. Les écarts étaient solidement établis durant la dernière heure d’une course qui aura échappé à Audi pour des raisons qu’on n’imaginait pas encore avant le début de la compétition…

Audi : la fiabilité n'était pas tout à fait au rendez-vous

En effet, alors que la fiabilité devait être un des points forts des Audi, il n’en a rien été durant les dernières heures de course. Troisième et ultime (quoique mince) espoir de la marque aux anneaux, la voiture n°7 emmenée par le redoutable trio Lotterer-Tréluyer-Fässler devait s’arrêter deux fois aux stands en deux tours : une première fois pour régler ces lancinants problèmes de capot arrière (qui risquait de se désolidariser), une autre fois pour remettre de l’huile.

Dans ces conditions, à deux heures de l’arrivée et trois tours de retard sur les Porsche, « il ne reste plus assez de temps pour revenir », comme le confiait André Lotterer au micro d’Eurosport. Alors que la course était jouée, les Porsche comme les Audi restaient à l’attaque durant la fin de la course, y compris lorsque la pluie se montra timidement dans la dernière demi-heure, sans conséquence ni changements de pneus pour les pilotes engagés.

Il faut donc saluer la performance des Porsche, qui auront su, contrairement à l’année dernière, relever avec brio le succès de la fiabilité. C’est bien sur ce point que se sont jouées – comme souvent – les 24 Heures du Mans : car en rythme de course, à la régulière, les Audi se montraient souvent les plus véloces. Durant les deux dernières heures, l’Audi d’André Lotterer finissait ainsi régulièrement ses tours une seconde plus vite que la Porsche de tête.

Maigre consolation pour la marque aux anneaux : la Porsche n°17 n'est pas engagée au championnat du monde et le trio Lotterer-Tréluyer-Fässler, vainqueur des deux premières épreuves, est toujours dans la meilleure des positions sur la saison. C'est la fin néanmoins d'une longue régence pour Audi ;la marque aux anneaux n'avait été battue, depuis l'an 2000, que par Bentley (en 2003) et Peugeot (en 2008).

Nico Hülkenberg : coup d'essai, coup de maître

La victoire de la Porsche n°19 s’est construite en grande partie durant la nuit, grâce au relais dévastateur de Nico Hülkenberg. Le pilote allemand de Force India, qui participait naturellement pour la première fois au Mans, a impressionné les observateurs, livrant une performance digne des vieux briscards de la discipline, et rappelant que F1 et Endurance sont bien plus complémentaires aujourd'hui que par le passé.

Porsche remporte donc les 24 Heures du Mans avec sa troisième voiture engagée, ce qui n'est pas une petite surprise. La victoire de Nico Hülkenberg marque décidément les annales du sport automobile, puisque c'est la première fois depuis 1991 qu'un vainqueur du Mans est un pilote encore actif en Formule 1 (les prédécesseurs se nomment Johnny Herbert et Bertrand Gachot sur une Mazda 787B).

Plus véloce en fin de parcours que sa brillante devancière, la Porsche n°17 (Bernhard-Webber-Hartley) n’a guère démérité et méritait sa seconde place. Néanmoins, une sévère pénalité d’une minute de stop and go reçue samedi soir, peu avant minuit, pour dépassements sous drapeaux jaunes, condamna cet équipage à ne pas pouvoir lutter jusqu’au bout pour la victoire finale. Cela fait donc deux années d'affilée que l'ancien pilote Red Bull, Mark Webber, manque le coche de peu en terre mancelle...


Toyota et Nissan parient sur 2016

Le duel Allemagne-Japon n’aura pas véritablement eu lieu : les voitures germaniques ont largement devancé leurs homologues nippones, qui devraient cependant être bien plus proches l’année prochaine. La première TS040 Hybrid (l’équipage Wurz-Sarrazin-Conway) a fini 6e, à 8 tours du leader, tandis que le trio Buemi-Davidson-Nakajima n’a pu faire mieux qu’une 8ème place, derrière l'Audi n°9 de Filipe Albuquerque, René Rast et Marco Bonanomi. Pour 2016, Toyota devrait compter sur une rallonge budgétaire et plusieurs innovations technologiques qui ont lui cruellement fait défaut cette année – la pluie tant espérée n’est venue qu’à vingt minutes de l’arrivée.

Comme prévu, les Nissan Nismo – révolutionnaires mais qui méritent décident leur appellation de « prototypes » – ont considérablement souffert. Une voiture seulement a rallié l'arrivée (à des dizaines de tour des leaders), divers problèmes de fiabilité ayant affecté des monoplaces qui n’avaient encore jamais participé à une épreuve du championnat WEC. La courbe d’apprentissage est néanmoins prometteuse pour ces prototypes ambitieux.

Les catégories inférieures

En LMP2, la Nissan Oreca 05 n°47 emmenée par le Français Nicolas Lapierre, Richard Bradley et Matthew Howson n’a connu aucun problème de fiabilité pour s’imposer face à la Gibson 015S du trio Turvey-Dolan-Evans. Le team chinois KCMG remporte sa première victoire au Mans - la première d'un constructeur chinois. La Ligier n°26 du team G-Drive Racing, conduite par Sam Bird, Julien Canal et Roman Rusinov, finit à la troisième place.

La catégorie GTE Pro a offert son lot de spectacle. La Corvette n°64 d'Oliver Gavin, Jordan Taylor et Tommy Milner a finalement récolté la couronne de lauriers, devant la Ferrari n°71 de James Calado, Davide Rigon et Olivier Beretta. L’Aston Martin n°97 (Bell-Mücke-Turner), longtemps seule en tête, a dû abandonner sur casse moteur. La déception sera également grande pour la Ferrari n°51 (Vilander-Bruni-Fisichella), qui a connu des problèmes de transmission durant les dernières heures de l’épreuve.

Mais que dire alors du drame qui s’est joué en GTE Am ? L’Aston Martin Vantage n°98 était seule en tête, avec deux tours d’avance, à moins d’une heure de l’arrivée… lorsque Paul Dalla Lana a tiré tout droit pour venir taper un rail. L’abandon devait suivre, au plus grand désespoir de mécaniciens désespérés. La dure loi du Mans a profité à l’équipe SMP Racing et à la Ferrari n°72 de Victor Shaytar, Andrea Bertolini et Aleksey Basov qui empoche une victoire inespérée.


Classement final des 24 Heures du Mans (LMP1) :


1. Porsche n°19 (Bamber-Hülkenberg-Tandy)
2. Porsche n°17 (Bernhard-Hartley-Webber)
3. Audi n°7 (Fässler-Lotterer-Tréluyer)
4. Audi n°8 (Di Grassi-Duval-Jarvis)
5. Porsche n°18 (Dumas-Jani-Lieb)
6. Toyota n°2 (Wurz-Sarrazin-Conway)
7. Audi n°9 (Albuquerque-Bonanomi-Rast)
8. Toyota n°1 (Davidson-Buemi-Nakajima)
9. Rebellion n°13 (Imperatori-Kraihamer-Abt)
10. Rebellion n°12 (Beche-Heidfeld-Prost)

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    Germain, 14 Jun. 2015, 15:44

    Bravo à Porsche, à Hulk (et ses complices), il a été excellent, et dire qu'aucun top team ne veut de lui, il a tout d'un grand champion ! Je le savais bon, mais là il a gagné mon respect.


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    Totem, 14 Jun. 2015, 16:32

    Porsche inaugure une nouvelle ère. Un si petit moteur c'est fabuleux d'en sortir autant de chevaux et d'aller au bout d'une course menée tambour battant. Ya comme un parfum de F1 avec Hulkenberg qui l'a bien mérité.


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    Mika, 14 Jun. 2015, 16:51

    Voilà à quoi ressemble une réglementation bien pensée : un sprint de 24h, de la grosse attaque de bout en bout, plus de 240 km/h de moyenne avec des pneus qui font plusieurs relais ! A coté de ça, en F1, j'ai l'impression de voir une course d'endurance de 2h.


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    Villareal, 14 Jun. 2015, 17:00

    Quand Nick Chester, directeur technique de Lotus, se prend à rêver d'une F1 aux 24Heures cela donne ceci: "Ce serait vraiment très fun, d?ailleurs j?adorerais préparer une F1 pour une course de 24 heures. Avec les règles en vigueur en F1, le moteur et la boîte de vitesses pourraient tenir la distance, ce n?était pas le cas dans le passé." Selon Chester, "une voiture de F1 telle qu?elle est conçue actuellement pourrait s?engager sur une course d?Endurance tant la vie des pièces a été augmentée. Dans le passé, avec les V8 et les anciennes boites, nous n?aurions pas eu cette durabilité."


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    Wic, 14 Jun. 2015, 17:28

    Encore une fois, on va être beaucoup à faire un comparatif sévère avec la F1 (réglementations, pneus, déroulement, ambiance, etc...). Mais force est de constater que j'étais littéralement sur le cul de voir, après 9 heures de course, des voitures différentes, avec différence moteurs, différents systèmes, à moins de 5 secondes. C'était une belle édition, le duel Allemand a tenu ses promesses !


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    alpi, 14 Jun. 2015, 17:38

    "exploit", "doublé historique", "page historique", "Le Roi Porsche, recordman du nombre de victoires", "après le triomphe", "performance inoubliable"... le tout en moins de 15 lignes ?! L'auteur de l'article, pour qui les superlatifs sont à peine moins nombreux que les voyelles, auraient pu ajouter : "extraordinaire", "divin", "surréaliste", "géantissime", "sublimissime", "héroïque", "jamais-vu-depuis-la-création-du-monde"... On se croirait sur RMC et leurs commentateurs crétins qui beuglent comme des veaux à chaque fois qu'un écervelé aux pieds carrés cadre un tir ! Je ne dirais qu'un mot pour ma part : débilissime !


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    Rodolf, 14 Jun. 2015, 18:10

    Cette victoire de Porsche enterre définitivement les gros V8 atmosphériques dans la catégorie reine. Une petite larme vite essuyée pour saluer cet exploit technologique. Félicitations.


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    Mika, 15 Jun. 2015, 0:45

    @alpi Si tu n'aimes pas les commentaires de RMC tu n'es pas obligé de les écouter. C'est la même chose pour la lecture des articles de Motors Inside. Tu es le bienvenue quand il s'agit de donner ton opinion, par contre je t'invite fortement à modérer tes propos quand il s'agit d'insulter les gens. Quelque soit la définition que tu donnes au terme "superlatif", les mots utilisés dans l'article sont tout à fait légitimes.


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    Joel&Bea, 15 Jun. 2015, 9:17

    On a assisté a une très belle course. J'ai beaucoup aimé la bagarre de nuit avec Audi, c'était sympa. J'ai découvert la technologie utilisée par Porsche qui est directement inspirée de la F1. Il y a beaucoup de performance et pas de casse contrairement à avant ou il y avait trop de casses. Le downsizing hybride a prouvé sa raison d'être en grandeur réelle. Maintenant pour gagner le Mans faudra impérativement maîtriser cette technique en pleins progrès. Bravo Porsche.


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    GV27, 15 Jun. 2015, 10:08

    @ alpi, un seul mot aussi pour vous: grincheux.... Parce que les 24h du Mans 2015 c'était fabuleux, plus excitant en une seule course que tous les gp f1 de l'année .Donc oui,on peut utiliser plein de superlatifs pour cette course où on ne pouvait pas s'ennuyer quand les commentateurs f1 essayent tant bien que mal de garder des clients éveillés devant leur écran...


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