L’armure de Vettel s’est-elle fendue ?
Martin Whitmarsh, Lewis Hamilton, Niki Lauda et Jos Verstappen ne pensent pas que l'Allemand ait craqué face à la pression, comme certains l'affirment.


315 jours. Cela faisait exactement 315 jours, soit 10 mois et 12 jours que Sebastian Vettel n’avait plus quitté la première ligne de départ d’un Grand Prix, soit 14 courses d’affilée. Cela faisait également 8 mois et 17 jours qu’il n’avait plus quitté le podium depuis sa victoire au dernier Grand Prix du Brésil. Et pourtant, en Allemagne, sur ses terres, le pilote Red Bull a trébuché et a du se contenter d’une 3ème place en qualifications et d’une 4ème place sous le drapeau à damiers, soit son plus mauvais résultat depuis le Grand Prix d’Italie 2010 – exception faite du Grand Prix de Corée où il avait abandonné.
Le pilote allemand reconnait lui-même, dans les colonnes du journal The Sun, qu’il avait connu un week-end « un peu étrange ». « Je ne me suis jamais à 100% bien dans la voiture. Il y avait des moments où je pensais que ça reviendrait à la normal, mais à la fin ça n’était pas le cas et les problèmes persistaient. »
Certains affirment cependant que le pilote Red Bull renoue avec quelques uns de ses vieux démons une fois dans le paquet, dès qu’il n’est plus confortablement en tête d’un Grand Prix . « Il n’était pas tellement sous pression ,» tempère pourtant Martin Whitmarsh, le Team Principal de l’écurie McLaren. « Il n’était pas en course pour la victoire lorsqu’il a fait ses erreurs. Des gens pourraient y voir le signe qu’il craque face à la pression, mais, en toute honnêteté, je ne pense pas que ce soit le cas. Ce n’était que des erreurs, les pilotes en font, les équipes aussi, tous les êtes humains.»
Le pilote Red Bull a d’ailleurs récemment pu démontrer qu’il savait résister à la pression, que ce soit en Espagne, face aux assauts restés infertiles de Lewis Hamilton, ou alors à Monaco lorsqu’il a résisté au retour de Fernando Alonso et Jenson Button, alors qu’on ne comptait plus les tours alignés par ses pneus, même s’il a été sauvé par le drapeau rouge en fin de course.
Lors de la conférence d’après Grand Prix, Lewis Hamilton, seul pilote à avoir remporté deux courses cette saison en dehors de Sebastian Vettel, ne se faisait pas d’illusions. « On ne peut pas s’attendre à ce qu’il soit parfait tout le temps. Il a remporté un bon paquet de courses depuis la fin de l’année dernière. C’est facile pour chacun de le critiquer, juste pour une course, mais il est exceptionnellement consistant depuis un long moment. »
Même son de cloche chez Martin Whitmarsh. « Il a simplement fait quelques erreurs. On pourrait même dire qu’il les a faites au bon moment, alors qu’il n’allait pas gagner. J’aurais aimé voir certaines de ces erreurs lorsqu’il menait la course. […] Nous ne pouvons pas compter sur ses défaillances » explique Martin Whitmarsh. « Tout ce que nous pouvons faire, c’est lui mettre la pression. Au départ de la saison, Sebastian était au summum de sa confiance, ne faisant pas la moindre erreur. Nous devons juste nous concentrer sur nos propres actions, sur l’amélioration de nos performances, de la fiabilité, tout ce que nous faisons. Si c’est suffisant pour remporter des courses, alors ça serait super. »
Dans sa chronique dans le De Telegraaf, Jos Verstappen pense que ce n’est pas tant Sebastian Vettel que Red Bull qui semble marquer le pas. « Alonso a dit que Vettel faisait des erreurs parce que la pression s’est accrue, mais je pense que c’est juste la voiture qui est légèrement moins bonne, ça vous oblige à prendre des risques en tant que pilote. Si Vettel fait preuve de son bon sens habituel, rien ne peut mal tourner pour lui et il remportera un autre championnat. »
Toujours est-il que le pilote Red Bull ne semble pas plus abattu que cela – même si la concurrence, elle, est revigorée – et repart, le couteau entre les dents, à l’assaut du Hungaroring, où Niki Lauda le donne comme favori. « Si les températures sont normales, et si tout se passe comme prévu, alors oui, il est clairement le favori,» explique l’Autrichien qui assure par ailleurs que l’Allemand « n’a pas à s’inquiéter » pour le championnat.