Alonso et Coulthard font taire les critiques sur Vettel
Critiquer Sebastian Vettel est une chose risquée : il faut avoir des arguments solides et surtout, accepter de se heurter à quelques experts de la discipline, au premier rang desquels David Coulthard et Fernando Alonso. Rien de moins.


Au regard de l’outrageuse domination qu’exerce Sebastian Vettel sur la Formule 1 cette saison, plusieurs réactions sont possibles : la première est évidemment de saluer le talent d’un pilote précoce et capable des plus grandes prouesses, notamment en qualifications, en arrachant parfois la pole contre toute attente contre des adversaires disposant de voitures réputées plus performantes sur tel ou tel tracé. Ou encore, louer la remarquable régularité d’un conducteur capable de mener une course de bout en bout sans commettre la moindre erreur en étant pourtant sous la pression – plus ou moins forte – de ses adversaires. Une autre est de souligner vivement que l’Allemand, champion du monde en titre et en passe de conserver le Graal, dispose d’une voiture au dessus du lot et remporte la plupart de ses courses lorsqu’il part de l’avant, bénéficiant en outre d’une réussite importante.
David Coulthard, qui tient une chronique dans le journal britannique <i>The Telegraph</i> ainsi qu’un blog sur le site internet du même nom, a pris appui sur ces critiques pour écrire l’un de ses derniers billets, mettant méthodiquement à mal leur fondement : « Seb a 92 points d’avance sur son plus proche rival, son coéquipier Mark Webber, ce qui va certainement lui assurer un second titre consécutif. Il continue de tout renverser sur son passage. Et il y a encore des gens pour se questionner sur le pilotage de Seb. Comme s’il était simplement chanceux de se trouver dans une Red Bull. Comme s’il était un pilote moyen parce qu’il gagne des courses en partant en pole ».
Se lançant dans un peu de prospective, le consultant de la <i>BBC</i> va plus loin : « Je pense que nous pourrions assister au développement du meilleur pilote de tous les temps en F1. Personne ne peut le dire, évidemment. Seule l’histoire jugera cela. Mais le fait que Seb continue d’améliorer chaque aspect de son pilotage, de son expérience de course à la gestion des pneus, en s’appuyant sur sa vitesse naturelle, est indiscutable ».
L’Ecossais d’ajouter pour corroborer ses propos : « Je ne pense pas que les standards en F1 ont été aussi hauts que maintenant. Fernando Alonso, Lewis Hamilton, Jenson Button, Mark Webber : ces gars ont la classe mondiale. Michael Schumacher est revenu et l’a appris à ses dépens. Seb est simplement "sur-performant" ». Pour rappel, la saison /f1/actualite/11221-alonso-parle-de-la-formule-1.html est effectivement l’une des plus denses au niveau des palmarès, avec la présence de cinq champions du monde de Formule 1 sur la grille
Un avis qui avait été rejoint plus tôt ce mois-ci par Fernando Alonso, interrogé par nos confrères allemands d’<i>Autobild Motorsport</i> <a href="/f1/actualite/11221-alonso-parle-de-la-formule-1.html" target="_blank" title="">sur plusieurs aspects de la discipline reine</a>, et notamment sur Vettel : « Sebastian est un grand champion qui est sur le point de remporter son second titre. Il a beaucoup de talent et une habilité particulière à résister à la pression. Les critiques le concernant sur le fait qu’il n’est pas un vrai "compétiteur", je ne les comprend pas. Il n’a aucun problème avec les dépassements. Mais oui, il commence généralement depuis la pole position. Il a des qualités remarquables, il est très rapide. Même si vous avez la meilleure voiture, ça ne veut pas dire que vous stationnez sur la première place. Vous devez être en mesure de tirer le meilleur parti de votre monoplace sur un seul tour. Sebastian en est capable, sans aucun doute. Il prend aussi de bons départs et fait d’excellentes courses avec des bonnes stratégies, même dans des conditions difficiles, comme à Montréal sous la pluie. Malgré une erreur, il a pu finir deuxième. Pensez aussi à Monaco : même si les pneus étaient en fin de vie, il pouvait gagner la course sans l’interruption ».