Le gouvernement grec soutient un projet de Grand Prix au Pirée
Alors qu’un projet de Grand Prix de Formule Un dans le port du Pirée a été présenté à la FIA et à Bernie Ecclestone, le gouvernement grec affirme soutenir le projet et estime que l’organisation d’un tel évènement pourrait avoir des effets bénéfiques pour un pays qui connaît aujourd’hui une grave crise économique et touristique.


Accablée par la crise économique et par les multiples plans de rigueur imposés par Bruxelles, la Grèce songe cependant sérieusement à l’organisation d’un Grand Prix de Formule Un. Lancé en juin 2011 par un groupe d’affaires grec et conçu par un architecte athénien, le projet d’un Grand Prix de Grèce se situant dans le port du Pirée, à Drapetsona plus exactement, a été déposé auprès de la FIA en novembre 2011 avant d’être présenté en détails, au mois de mai dernier, à Jean Todt et à Bernie Ecclestone.
Le projet concerne un terrain de 210.000m² laissé en friche depuis douze ans, dans le port industriel. Le circuit, long de 5,2 km dont 70% de routes préexistantes, tournerait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et proposerait 13 virages à gauche pour 12 virages à droite. Les tribunes pourraient quant à elles accueillir 130.000 spectateurs tandis qu’une partie du circuit emprunterait un tunnel routier déjà existant.
Ce n’est cependant pas la première fois qu’un Grand Prix de Grèce est envisagé, un projet ayant déjà été évoqué, en mai 2011, à Patras, sans qu’il n’y soit donné de suites. Le projet de Drapetsona a cependant pris de la consistance grâce au soutien du gouvernement grec. En effet, s’il a précisé que l’argent public ne serait pas utilisé pour le financement du projet, Konstantinos Cavaras, le ministre des sports, offre son soutien au projet dans les colonnes d’Autoweek : « Nous devons soutenir tous les projets qui promeuvent la Grèce. La possibilité que Drapetsona accueille une course de Formule Un serait très importante pour le développement du Pirée. »
Le ministre de la culture, Costas Tzavaras, estime que l’organisation d’un Grand Prix pourrait être positive pour l’économie : « La principale priorité de ce gouvernement est de créer des outils de développement. En cette période critique pour notre pays, chaque effort pour promouvoir la Grèce et attirer l’attention internationale est le bienvenu et mérite notre soutien. Le projet d’organisation d’une course de Formule Un à Drapetsona suscite des attentes pour améliorer notre valeur touristique par le biais de la promotion de l’histoire du port du Pirée et la restructuration de toute la région. Un tel projet créerait de nouveaux emplois et placerait à nouveau notre pays sur la scène internationale. »
Foudroyée par la crise économique, la Grèce est aujourd’hui frappée par la crise touristique puisque selon le Syndicat National des Agences de Voyages, en juillet 2012, les départs depuis la France à destination de la Grèce ont baissé de 17% alors que, sur place, notamment au Pirée, on estime de 30 à 50% la chute du tourisme par endroits, dans un pays où l’industrie touristique représente 15% du PIB et 20% de la population active. En 2011, la Grèce avait d’ailleurs réalisé une année record avec 16,5 millions de visiteurs pour un chiffre d’affaire en hausse de 10% par rapport à 2010 et estimé à 10,5 milliards d’euros. Mais avec l’instabilité politique qui a gagné le pays au cours de la dernière année, ainsi qu’avec les manifestations qui ont attiré l’attention des médias et les mouvements de grève inopinés, la Grèce n’a plus aujourd’hui autant les faveurs des voyagistes.
Mais la Grèce, qui s’est appuyée pendant près de quarante ans sur le tourisme de masse, semble désormais vouloir se tourner vers un tourisme haut de gamme, ce que pourrait notamment générer la Formule Un.