Jérôme d’Ambrosio mérite d’être sur les grilles de départ selon Boullier
Le directeur de l’écurie Lotus, où l’ancien sociétaire de chez Virgin occupe les fonctions de 3ème pilote, estime que l’absence de Jérôme d’Ambrosio n’est pas qu’une question d’argent. Eric Boullier vise notamment les « dinosaures » du plateau alors que le pilote belge est plus déterminé que jamais à rester en F1.


La semaine passée, Jérôme d’Ambrosio avait confirmé qu’il ne prendrait pas le volant de la Lotus E20 lors des essais du Grand Prix de Belgique : « C’est une décision collégiale que je comprends parfaitement vu les intérêts du team, » expliquait alors le pilote Belge.
En 2011, malgré une première saison encourageante chez Virgin Racing, aux côtés de Timo Glock, le pilote belge n’a pas pu prolonger l’aventure avec l’écurie britannique devenue entre-temps Marussia. En 2012, Jérôme d’Ambrosio a donc trouvé refuge chez Lotus où il officie en tant que troisième pilote, prenant ainsi, occasionnellement, le volant de la Lotus E20 et travaillant principalement sur le simulateur Enstone comme le font la plupart des pilotes de l’ombre, de Gary Paffett à Jules Bianchi, en passant par Davide Rigon et Sébastien Buemi : « Effectuer une deuxième saison dans le même contexte serait un échec », confie Benjamin Mignot, chargé du pilote belge auprès de la filière Gravity, dans les colonnes du journal Le Soir. « Jérôme n’était déjà pas réputé l’an dernier pour être un pilote à valise, et cela n’a pas changé. Je mentirais en vous disant que les sponsors se précipitent chez nous, mais le travail de fond(s) entrepris l’an dernier se poursuit. De manière différente. L’an dernier, nous nous sommes efforcés de tordre le cou aux clichés faisant de la F1 un monde inaccessible, tout en tentant de faire jouer la fibre belge. Aujourd’hui, on s’efforce avant tout de permettre à nos contacts de profiter de la F1 au travers de Jérôme. Je suis incapable de vous donner un chiffre précis de l’argent qu’on aura si demain la porte d’une écurie s’ouvre. Mais aujourd’hui, le débat est moins financier. La preuve : deux écuries ont sollicité des entretiens ce week-end à Spa. Or elles savent bien que Jérôme n’est pas plus nanti que l’an dernier. Son image reste donc bonne. D’ailleurs, si son nom a été un moment évoqué pour remplacer Massa chez Ferrari, cela n’a pas été inventé de toutes pièces ! »
Ainsi, Jérôme d’Ambrosio affirme qu’en l’état, « il n’y a rien de neuf pour 2013 » mais pour Eric Boullier, directeur de l’écurie Lotus, « Jérôme a sa place sur la grille, mais les opportunités manquent ». Pour le Français, Jérôme d’Ambrosio n’arrive pas à trouver de place en partie parce que certains pilotes, en fin de carrière, s’accrochent à leurs baquets : « Tant que les dinosaures de la F1 ne quitteront pas le paddock, on ne pourra pas faire grand-chose. L’argent n’est plus nécessairement au centre des débats. Enfin, je vais peser mes mots : plus il y en aura, plus Jérôme sera attractif pour une écurie de milieu de tableau. »
Le Français, qui a récemment confirmé que Romain Grosjean et Kimi Räikkönen seraient toujours titulaires du côté d’Enstone en 2013, confie que Jérôme d’Ambrosio aura sa place chez Lotus l’année prochaine et n’entend pas le voir revenir sur les grilles à n’importe quel prix : « Retourner dans une écurie de fond de grille n’aurait aucun sens. Pour le moment, il est 3è pilote chez nous et répond à notre attente. L’avoir chez nous à plus long terme comme pilote de réserve serait l’option confort de l’écurie. Il a le talent et est très bien intégré chez nous. Mais il faut qu’il roule. D’ailleurs, s’il reste 3è pilote chez nous l’an prochain, ce sera avec un programme annexe, c’est certain. Sinon, soit il aura l’occasion de rouler pour une autre écurie, soit on devra envisager de réorienter sa carrière… »
Malgré tout, D’Ambrosio ne s’estime pas pour autant des plus mal lotis : « Je ne suis ni plus ni moins frustré qu’en début d’année. Je dirais même qu’en ayant roulé une matinée au Mugello sur la voiture de cette année, et une journée à Jerez sur une F1 2010, j’ai eu plus qu’espéré. Les gens parlent beaucoup des essais du vendredi, mais avec ce que vit actuellement l’écurie, je comprends parfaitement qu’elle ne me laisse pas y participer. Rouler à Spa aurait bien sûr été terrible. Spa avec une telle voiture, ça doit valoir au moins trois fois la Corée ! » Le Belge est d’ailleurs « convaincu que [sa] valeur a augmenté depuis [qu’il] fréquente un “winning team” » : « J’apprends énormément dans la façon de travailler. Le pilotage n’est qu’un aspect du pilote de F1. »
De ce côté, D’Ambrosio estime d’ailleurs qu’il pourrait faire aussi bien que Romain Grosjean au volant de la Lotus E20 : « J’ai le niveau pour faire le même style de boulot, ça, c’est clair. Mais la F1 s’accommode peu des “si” et des “peut-être”. Ce que je sais, c’est que je peux faire le job en F1. Peu importe que ce soit ici ou ailleurs. Je n’ai aucun doute là-dessus, mais il faut trouver l’opportunité pour le faire… »
Une chose est cependant sûre pour le successeur de Jacky Ickx : « J’ai mes deux pieds en F1 et je n’ai pas envie d’en sortir un orteil. »