Grand Prix de Belgique : Résumé d'un fiasco

Une attente interminable, des demi-points donnés au top 10 et des décisions étonnantes. Voilà comment on pourrait résumer le Grand Prix de Belgique. Une nouvelle mascarade en F1.
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Des conditions désastreuses ont rendu ce Grand Prix étrange
© Pirelli / Des conditions désastreuses ont rendu ce Grand Prix étrange
Dire qu'il pleut à Spa-Francorchamps est un euphémisme. Mais la FIA ne s'attendait clairement pas à vivre une telle journée. Ce jour restera désormais gravé dans les mémoires comme étant le Grand Prix le plus court de l'histoire de la F1.

Une après-midi chaotique



Deux tours seulement ont sacré Max Verstappen pour sa sixième victoire de la saison, offrant également le premier podium en F1 de George Russell avec sa Williams. Une après-midi chaotique qui aurait dû se terminer plus rapidement. À l'origine, le départ devait avoir lieu à 15h, heure locale. Les averses torrentielles et le peu de visibilité ont conduit à plusieurs reports. À commencer par des décalages de cinq minutes, puis, de dix minutes avant que la FIA ne se rende compte que la météo n'allait pas s'arranger.

Pendant que les pilotes s'occupaient comme ils pouvaient, le radar de la météo n'indiquait rien de bon et la pluie s'intensifiait. Pourtant, Michael Masi continuait à y croire. Au moins pour les spectateurs venus assister à la course. Tous attendaient sous le déluge avec des parapluies, sans fléchir. Entre-temps, le véhicule médical réalisait des tours pour voir si la piste était finalement praticable. Si même cette voiture avait un peu de mal à tenir en piste, on ne pouvait pas imaginer des monoplaces de F1 rouler à haute vitesse.

Verstappen derrière la voiture de sécurité pour effectuer quelques tours

À 18H27, soit un peu plus de trois heures après l'heure prévue, les pilotes ont enfin pris la piste. L'objectif de la FIA était de réaliser quelques tours avec la voiture de sécurité pour assurer au moins la course, histoire de dire que la course a bien eu lieu. Le classement des qualifications était pris en compte. Seul Sergio Perez n'a pas pu bénéficier des points donnés à la fin. Le Mexicain a détruit l'avant de sa voiture avant le départ, le disqualifiant temporairement du Grand Prix. Bien que ses mécaniciens ont fait un excellent travail pour réparer sa voiture, le pilote de Red Bull a terminé dernier.

Des décisions étonnantes



À mettre trois heures pour lancer le départ de la course, le choix d'attendre était incompréhensible de la part de la FIA. Une décision tardive qui amène plusieurs questions. Pourquoi effectuer plusieurs reports en sachant que la situation n'allait pas s'arranger tant la pluie ne baissait pas en rythme et que la visibilité était plus faible ? Comme l'a indiqué Masi après la course, la météo ne s'arrangeait pas au fil du temps. Il espérait toutefois une fenêtre pour envoyer les voitures. « Cela a été longue journée. En fait, nous avons eu le pire de la météo. Les conditions n'ont pas été excellentes tout le week-end. Nous avons eu des moments où nous pouvions lancer quelques tours, mais le temps a un peu eu raison de nous ». À quoi bon ? Si le classement final est déterminé par les qualifs, autant réagir plus rapidement.

Comment qualifier cette parodie ? Le directeur de course a eu tout faux durant cette journée. Se cacher derrière un règlement pour donner le départ à une non-course ridiculise ce sport devant le monde entier. Selon la FIA, « la moitié des points sera attribuée si le leader a effectué plus de tours, mais moins de 75% de la distance initiale de la course », comme Verstappen en Belgique. Masi était déjà fautif de ne pas avoir stoppé la Q3 sous les trombes d'eau samedi. Une décision qui aurait pu tourner au drame avec le crash de Lando Norris dans le Raidillon. Quelques secondes plus tôt, Sebastian Vettel, et même le Britannique demandaient le drapeau rouge. Décider de maintenir la course le lendemain alors que les conditions seraient pires est honteux.

Les fans ont pu profiter des tours de la voiture de sécurité

Lewis Hamilton, troisième au GP, n'a pas mâché ses mots après la course. Il a fustigé la décision d'envoyer les pilotes sur la piste jugeant que l'argent a fait la différence. « Cette farce était le mauvais choix. L'argent a parlé. Ces deux tours pour commencer la course, c'est un scénario pour l'argent ». Propos contredits par Stefano Domenicali, le président de la F1 : « Quand j'entends dire qu'il y a eu des discussions commerciales derrière cela, c'est totalement faux ».

Jamais dans l'histoire de la Formule 1 un Grand Prix n'a été annulé le jour de la course. Dans tous les cas, la course ne pouvait pas avoir lieu. La sécurité des pilotes avant tout, ces derniers ne voyaient rien sur la piste. Il fallait sans doute prendre la décision d'annuler la course au bout d'une heure, voire plus tôt. Penser à la débuter sans la voiture de sécurité était une absurdité totale. Il était même question de reporter la course au lundi, mais cela n'aurait pas été possible pour plusieurs raisons dont la principale est financière. De nombreux commissaires de piste dont la plupart sont bénévoles et la logistique. Pire, selon les prévisions, la météo n'était pas idéale pour pratiquer la course.

Des demi-points donnés au top 10



Mais dans toute cette comédie, il fallait bien un podium et un classement final. Réaliser des tours était donc obligatoire. Attendre trois heures était moins logique et donner des demi-points peut paraître étrange vu la situation. Il est possible de donner des demi-points en F1. Par le passé, certaines courses avaient déjà donné la moitié des points pour les mêmes raisons. En Australie en 1991, Ayrton Senna remporte le Grand Prix après 14 tours seulement. Plus récemment, Jenson Button en Malaisie en 2009.

Le podium de Belgique

Tous les pilotes ne connaissaient pas le règlement. Sebastian Vettel croyait à une blague à la fin de la course : « C'est une blague. Je croyais qu'il fallait faire 25% de la course pour avoir des points ». Même discours du côté de Fernando Alonso. Le double champion du monde ne comprend pas l'intérêt de donner des points dans ce contexte. « C'est choquant. Comment pouvez-vous donner des points pour une non-course ? », a exprimé Alonso après la course.

Si le titre pourrait se jouer sur un demi-point à la fin de la saison, ce Grand Prix et surtout cette décision risquent de refaire surface. L'année dernière, la course de Belgique s'est jouée sans spectateurs. Cette année, elle s'est faite sans pilote. En espérant que la FIA et la F1 en tirent des leçons de cette mascarade.
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