C'était il y a 3 ans: la dernière victoire de Kimi Räikkönen en F1

Alors que le Grand Prix d'Austin approche à grands pas, voilà aujourd'hui trois ans, jour pour jour, que le vétéran Kimi Räikkönen y a remporté sa dernière course (jusqu'à présent) en Formule 1. Retour sur l'un des plus beaux succès, d'Iceman et sur le contexte qui précéda cette victoire.
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En ce 21 octobre 2018, Räikkönen signait son 101ème podium en Formule 1.
© Red Bull / En ce 21 octobre 2018, Räikkönen signait son 101ème podium en Formule 1.
Lorsque Räikkönen rejoint la Scuderia Ferrari en 2007, année de son titre, puis une seconde fois en 2014, on imagine mal que le Grand Prix d'Australie 2013 resterait la dernière victoire du Finlandais pendant cinq longues années, soit 113 courses.

Alors que beaucoup imaginaient qu'Iceman mènerait la vie dure à Alonso (son équipier de l'époque) et qu'il lutterait d'emblée pour un second sacre, il n'en fût finalement rien. Räikkönen semblait complètement perdu au volant de sa Ferrari F14-T. Certes la Scuderia, qui avait totalement manqué sa transition vers les nouveaux moteurs V6 hybrides, ne pouvait lutter pour la victoire à la régulière (et très difficilement pour les podiums) cette saison-là. Mais alors qu'Alonso se battait corps et âme pour tirer le meilleur parti de sa monture (l'Espagnol allait signer les deux maigres podiums de l'équipe), Kimi traversa 2014 tel un fantôme. Le Finlandais souffrait terriblement avec le manque, cruel, de train avant de sa monoplace (élément indispensable pour tirer le meilleur de Räikkönen) et ne semblait pas voir le bout du tunnel. Certes, il y eu quelques moments où le Finlandais était plus rapide qu'Alonso, mais ces derniers étaient bien souvent accompagnés par son éternelle malchance comme à Monaco où la Marussia de Max Chilton lui creva un pneu sous régime de voiture de sécurité alors que le Finlandais filait droit vers le podium.

Räikkönen est rejoint par son ami Sebastian Vettel, la saison suivante, au sein de la Scuderia. Ensemble, ils redressent Ferrari (le petit creux de 2016 mis à part) jusqu'à faire de l'équipe une candidate à la couronne à partir de 2017. La mythique écurie italienne retrouve les joies de la victoire mais aucune n'est obtenue par le numéro 7. Kimi retrouve sa vitesse, un peu plus chaque année, et les podiums mais la première marche reste inaccessible. Parfois, cette fameuse victoire se fait sentir (particulièrement en 2017) mais à chaque fois, elle lui échappe d'une manière ou d'une autre comme à Monaco, où il subit une stratégie discutable alors qu'il menait, en Hongrie où Ferrari l'empêche de repousser son arrêt pour prendre la tête à Vettel (victime d'un léger problème avec son volant) ou encore en Malaisie (sa monture subie une panne mécanique avant même le départ de la course).

A l'aube de la saison 2018, la place de Räikkönen au sein de la Scuderia ne tient plus qu'à un fil. L'ancienne star de McLaren et Lotus avait d'ailleurs reçu un avertissement du Président de Ferrari à l'époque : Sergio Marchionne. Voici ce que l'Italien avait déclaré lors du traditionnel dîner de Noël de l'équipe. « Mon avis personnel est que si nous trouvons la bonne clé, Räikkönen pilote comme un dieu. Mais nous devons la trouver. Quand les choses vont bien, c'est un plaisir de le voir piloter, il a un sang-froid incroyable. Mais à d'autres moments, on dirait qu'il se repose. Je pense que ce serait dommage s'il devait quitter la F1 sans voir montré son véritable potentiel ». Marchionne ajouta également « Je pense que si nous ne trouvons pas la clé pour Räikkönen, le choix se portera sur un jeune pilote ».

Pourtant en 2018, Kimi mène la charge. Le Finlandais (toujours frappé par les problèmes lorsqu'il se retrouve bien placé comme à Bahreïn, en Espagne ou en Belgique) signe huit podiums avant le Grand Prix de Monza, quelques premières lignes en qualifications mais surtout, Räikkönen est constamment dans le bon wagon tout au long de la saison. Malgré cette campagne autrement meilleure que les précédentes, les dirigeants de Ferrari décident de se montrer fidèles aux plans de leur défunt président (Sergio Marchionne décède au cœur de l'été) en titularisant un jeune talent, pour la saison 2019, en la personne de Charles Leclerc.

Pas déstabilisé par le fait que la Scuderia lui montre la porte de sortie pour la seconde fois (Kimi ayant déjà été contraint de quitter l'équipe fin 2009), Räikkönen enchaîne avec un nouveau podium en Italie devant les tifosis après avoir signé sa première pole position depuis Monaco la saison précédente. Là encore, la victoire qui était sienne à seulement huit tours du but lui échappe, une fois de plus.

Après quelques courses quelconques pour le Finlandais (et pour Ferrari), le petit monde de la F1 entame son week-end Texan le vendredi 19 octobre 2018. Pourtant ce jour-là, les F1 tournent si peu à cause des conditions pluvieuses que seule la troisième séance d'essais libres, du samedi matin, allait permettre aux pilotes et à leurs écuries de préparer leur Grand Prix. Dans ce contexte où le roulage est minime, l'expérience d'un pilote peut faire la différence, ce qui n'allait peut-être pas être anodin pour la suite.

Initialement qualifié troisième, Räikkönen s'élance finalement en première ligne suite à une pénalité qui fait reculer Vettel au cinquième rang. Kimi (qui prend le départ avec des gommes plus tendres que ses concurrents) prend la tête à Lewis Hamilton dès le premier virage. Iceman ne lâchera plus la tête de la course, mis à part lors des changements de pneus. Ce jour-là, ni l'abandon de Ricciardo, en début de Grand Prix, qui décala la stratégie de Mercedes, ni les assauts d'Hamilton (et de Verstappen, très menaçant en fin de course) n'empêcheront Räikkönen de remporter son 21ème succès en Formule 1 (ce qui en fait le Finlandais le plus victorieux dans la catégorie reine du sport automobile) après plus de cinq ans d'attente (un record). A la radio c'est le soulagement, même pour cet homme qui ne brise que rarement la glace. Ce succès sera signé le 21 octobre, une date symbolique puisque onze ans plus tôt, Kimi remportait le championnat en ce même jour avec Ferrari.

Sa fin de saison sera tout aussi solide. Abu Dhabi mis à part (car Räikkönen abandonne une nouvelle fois sur une panne mécanique) Iceman aura scoré 105 points à partir de Monza contre 90 pour Vettel qui enchaînera les tête-à-queue en course (en Italie, au Japon et aux USA). Il conclura sa tournée d'adieu avec la Scuderia à la troisième place du championnat et en ayant signé 12 podiums tout comme son quadruple champion du monde d'équipier.

Trois ans plus tard, Kimi a-t-il encore une chance de briller ce week-end à Austin ?

Au volant d'une Alfa Romeo, désormais, les chances pour le finlandais de faire aussi bien qu'en 2018 sont nulles à la régulière. Mais un nouvel exploit (sans parler d'une victoire ou d'un podium à la régulière) sur ce circuit serait une belle histoire. En outre, quoi de mieux que les Etats-Unis pour viser plus haut et pour voir les choses en plus grand ?
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Grand Prix des USA

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