Édito : L'avenir du sport automobile s'écrit-il en endurance ?

F1. Le championnat du monde d'endurance attire de plus en plus de constructeurs. Avec des frais d'engagement moindres que la Formule 1. Alors ne faut-il pas placer ses espérances ici plutôt qu'en monoplace ?

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L'endurance est bien plus accessible. Tant pour les constructeurs que pour les fans.
© Motors Inside / Alexandre Rodrigues / L'endurance est bien plus accessible. Tant pour les constructeurs que pour les fans.

Le Mans l'a prouvé. Même au bout de 24 heures de course, les écarts entre les uns et les autres peuvent être infimes. Oui, une quinzaine de secondes au terme d'un double tour d'horloge, c'est très peu. En Formule 1, Max Verstappen est capable de reléguer la concurrence avec un tel laps de temps en une poignée de tours seulement.

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Alors avec si peu de différences en termes de performances, le spectacle est forcément garanti. Trois voire quatre voitures côte à côte dans une ligne droite, croyez-moi, ça donne des frissons. Et ce n'est pas en F1 que l'on pourrait assister à une telle scène.

Au-delà du spectacle, avec la possibilité de jouer la gagne à chaque course et ne pas se dire « si on termine à moins de cinq tours, ce sera bien », les constructeurs affluent. Porsche, Toyota, Ferrari, Peugeot, BMW, Alpine, Isotta Fraschini, Cadillac, Lamborghini... Tous ont fait l'honneur d'être présent aux 24 Heures. Et globalement, en championnat du monde d'endurance (WEC). Aston Martin va bientôt rejoindre la fête. Acura est engagé en IMSA, de l'autre côté de l'Atlantique. McLaren aurait un projet dans les cartons. Hyundai aussi. Et là, on ne parle que de la catégorie Hypercar...

Alors comment expliquer cette grande motivation vis-à-vis de l'endurance ? Déjà, les frais d'engagement sont moindres. Bien inférieurs qu'en F1. Surtout, il ne faut pas payer la folle somme de 600 millions d'euros pour juste apparaître sur la grille. Sans garantie de performance. Et si on est prêt à mettre tout cet argent sur la table, en WEC, les instances ne répondent pas « non ». Bien au contraire. On est accueilli à bras ouverts.

Ce championnat offre aussi une certaine liberté pour tout le monde. Un V12 chez Aston, un V8 bien rauque chez les Américains. Vous l'aurez compris, aucun moteur ne se ressemble. Ce qui offre donc un festival de mélodies.

En regardant de près toutes les voitures engagées, elles ont un point commun. Aucune ne se ressemble. Enlevez la livrée de toutes les Hypercar. Même sans ces décorations, la Ferrari est reconnaissable. La Peugeot, idem. La Lamborghini, pareil...

Il y a de la liberté chez les constructeurs. Mais chez les manufacturiers aussi. Michelin propose de véritables pneus. Et ce, grâce à un règlement technique cohérent et réfléchi. Deux voire trois relais au Mans de douze tours chacun, sans perdre de rythme, on vous laisse faire le calcul... Les concurrents peuvent tenir des distances folles. Tiens la F1, prend exemple. Pas obligé d'avoir des gommes dignes d'un site chinois bas de gamme dont on taira le nom pour avoir des courses soi-disant palpitantes.

Le calendrier est également un aspect important à prendre en compte. Huit courses pour le WEC contre 24 pour la F1. Oui, la fréquence n'est pas la même. Cela peut créer de la frustration. Un peu, oui. Mais cela offre surtout une certaine attente pour la prochaine épreuve. En même temps, mettre 24 rendez-vous avec un tel planning serait inconscient. Inhumain même.

Comment parler du sport automobile sans parler du public ? En endurance, il est moins présent qu'en F1. On ne va pas se mentir. Pourtant, les places sont bien plus accessibles. Regardez, le prix pour aller à Silverstone dans quelque temps pour admirer Lewis Hamilton et compagnie. C'est fait ? Maintenant, allez prendre des billets pour les prochaines manches du WEC. On vous laisse à présent compléter ce paragraphe.

L'endurance est un véritable championnat de puriste. Pas (encore) pollué par Netflix. Ni par les influenceurs opportunistes, sortis de TikTok, Instagram ou YouTube, qui viennent prendre la place des personnes qui travaillent. Et qui pour la plupart ont payé et ont contracté des prêts pour devenir journaliste ou photographe.

Le fait que l'endurance soit moins médiatisée que la F1 peut en refroidir quelques-uns. Mais en y regardant de plus près, les règlements ne sont pas si complexes et n'importe qui peut s'y retrouver facilement.

Et l'un des gros avantages, le nom des engagés est assez familier. Pas de Stake. Pas de Visa Cash App. Pas d'appellations biscornues ou sorties d'un film de science-fiction. Ici, une écurie correspond à une marque. Point. Pas besoin d'aller chercher plus loin. Le vrai sport automobile est donc là.

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