Après les essais hivernaux, quelles perspectives pour 2020 ?

Après les essais hivernaux, quelles perspectives pour 2020 ?

Il s’agit de la dernière année du premier règlement technique de l’ère hybride. La donne sera rebattue pour 2021, mais en attendant, que pouvons-nous espérer de la saison qui arrive ?
     1 réaction

Logo Mi Redaction
Rédigé par
© Motors Inside - Les feux 2020 ne sont plus au rouge pour très longtemps
© Motors Inside - Les feux 2020 ne sont plus au rouge pour très longtemps
Début 2019, après des essais d’intersaison dominés par Ferrari et la victoire de Valtteri Bottas au premier Grand Prix à Melbourne, nous espérions suivre une saison âprement disputée. Malgré quelques courses à rebondissement et quelques exploits ici et là de Max Verstappen ou Charles Leclerc, l’inconstance de Valtteri Bottas aura une nouvelle fois permis à Lewis Hamilton de rafler le titre pilote.

Mercedes a su tirer son épingle du jeu depuis 2014, et semble intouchable. Y compris pour cette année, voire même… encore plus cette année.

Cependant, les essais d’intersaison, restent des essais où les équipe testent, innovent, bluffent, cachent. Un jeu de poker-menteur s’installe sur ces deux semaines. Et une fois passée la tant attendue présentation des autos tout devient quasi-invisible, tout n’est sujet qu’à interprétation et polémique. 2020 n’y déroge pas, nous repartons de ces essais avec un lot de question important. A une semaine de premiers essais libres australiens, et avant de se questionner spécifiquement sur les pilotes et les écuries, voici cinq thèmes qui permettront de poser les bases de la saison.


Nouvelle révolution Mercedes, le DAS va-t-il se révéler efficace ?


Le règlement technique étant strictement encadré et contrôlé, il est plus difficile pour les ingénieurs de se démarquer en proposant des solutions innovantes que d’essayer de contourner le règlement en cachant l’utilisation de techniques interdites. Avec ce système agissant sur les réglages du train avant, Mercedes a réussi à innover en obtenant l’approbation de la FIA dès le début de saison. Mais ce système est-il uniquement ce que l’on veut bien nous faire croire qu’il est ? Ou cache-t-il derrière sa face visible des astuces aéro encore plus efficaces ? Dans tous les cas, leurs concurrents ont été pris de court. Adapter un tel système sur une auto qui n’a pas été conçue pour, risque d’une part de prendre du temps et d’autre part d’être inefficace.


Le fantôme de la polémique moteur de 2019 Ferrari réapparait.


Ferrari indiquait avoir privilégié la vitesse de sa monoplace au détriment de ses appuis, notamment en courbe rapide. Finalement, l’astuce ne venait pas totalement de l’aéro, mais plutôt de l’exploitation d’une faille technique dans le règlement moteur. Dès que le lièvre fut porté aux yeux de tous, la Ferrari a entamé une fin de saison calamiteuse. A l’issue des essais de février 2020, la FIA révèle qu’un accord secret a été passé avec l’écurie italienne pour ne pas divulguer l’objet du délit.
Ces essais révèlent que la Ferrari a perdu toute sa vitesse de pointe acquise en 2019. Cette année sera-t-elle un long calvaire pour un team qui n’arrive pas à retrouver le chemin des succès depuis 2007 et 2008 ? Une chose est sûre, la polémique n’est pas prête de s’apaiser, sept écuries se sont liées pour obtenir des réparations, notamment financières.


Ecuries partenaires et copies de monoplaces


Le concept n’est pas nouveau cette année, mais les différences entre certaines monoplaces deviennent de plus en plus floues. Celle qui défraye la chronique pour 2020 est la Racing Point RP20. Elle ressemble à s’y méprendre à la Mercedes W10 de 2019. Un rapprochement entre la firme à l’étoile et l’écurie de Lawrence Stroll a été opéré début 2019. Il a notamment permis à l’écurie anglaise d’utiliser la soufflerie de l’équipe allemande à partir du mois de mai 2019. L’autre monoplace qui s’inspirait jusqu’à présent du concept créé par la maison mère était la Toro Rosso. L’équipe italienne s’appelle Alpha Tauri pour 2020 et a carrément copié la Red Bull de 2019. La bataille était rude l’an passé en milieu de peloton. Cette année, la compétition sera poussée un cran plus haut, sous un fond de polémique lui aussi renforcé…


Chez les pilotes, la nouvelle génération va-t-elle enfin pouvoir se surpasser ?


Si Kimi Räikkönen est une nouvelle fois le doyen des pilotes cette année, il y a peu de chance que nous le retrouvions aux avant-postes. Il reste ensuite Sébastian Vettel et Lewis Hamilton qui sont les plus expérimentés et favoris pour le titre cette année. Les anciens font de la résistance, en effet, leur carrière a commencé dans le courant des années 2000. Aucun pilote arrivé en F1 lors de la précédente décennie n’a réussi à leur chiper ne serait-ce qu’un titre. Cette génération pourtant pétrie de talent, à l’instar de Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo, Max Verstappen pour ne citer qu’eux reste en échec constant, année après année. De nouveaux jeunes pilotes aux dents acérées commencent à investir les lieux. Il serait temps pour eux d’enfin montrer tout leur potentiel sous peine de ne pas pouvoir goûter aux monoplaces 2021.


Un duel chez Ferrari


Le contrat de Charles Leclerc a été reconduit pour une longue durée cet hiver. Ce dernier semble avoir acquis une place de choix au sein des rouges. Il représente leur avenir. Si Sebastian Vettel est présent dans l’écurie depuis 2015, il n’a toujours pas réussi à obtenir ce qu’il est venu chercher. Face à son ami finlandais il avait tout le loisir d’agir au mieux pour que tout tourne en sa faveur. L’an passé a viré au cauchemar pour quadruple champion du monde allemand. Une victoire aussi inespérée que douteuse lui a permis de ne pas faire choux blanc. Saura-t-il rebondir après tant d’échecs ? Il n’est plus le favori au sein de la Scuderia. En cas de début de saison raté, saura-t-il jouer le porteur d’eau comme le fit Kimi Räikkönen pour lui ? Avec une SF1000 qui ne devrait pas être un modèle de rapidité, le duel pourra vite virer au rouge…


La Formule 1 en quête de spectacle, il est urgent d’agir


Nous nous souvenons tous du début des années 2000. Ce n’est malheureusement pas la meilleure période qu’ait connue la F1 en terme de spectacle tant la domination conjointe de Ferrari et de Michaël Schumacher était impressionnante et annihilait toute forme de suspens. Ces dernières années, la question se pose à nouveau. La domination du couple Mercedes/Hamilton est du même ordre. Mais des paramètres externes viennent obscurcir encore plus cet effet. Les Grand Prix ne se regardent plus sur des chaines gratuites. La tendance est au vert, à l’écologie, à l’économie, tout l’inverse de ce que représente le microcosme de la F1. Nous assistons également à une grande diversification du sport-auto : la multiplication des séries en GT, le développement de la Formule Electrique…

Parallèlement à cela, nous assistons également à une complexification des règles et des autos. L’information est moins compréhensible du grand public. La F1 devient de plus en plus une niche parmi les niches. Ce sport doit faire sa révolution l’an prochain. Mais cette année, le calendrier accueille deux nouvelles destinations. La première est à Hanoï au Vietnam, pour un circuit complétement nouveau et totalement urbain. La seconde est à Zandvoort aux Pays-Bas. Les succès et la popularité de Max Verstappen ne sont pas étrangers au retour de ce circuit au calendrier, mais les Hollandais font les choses en grand. Espérons que ces deux nouvelles pistes apportent un peu de suspens aux courses qui riment souvent à une procession depuis trop d’années maintenant.


     1 réaction

    Aifaim, 10 Mar. 2020, 14:49

    Le DAS gardera une part de son secret puisque personne ne va emboîter le pas de Mercedes : trop tard pour 2020 et interdit la saison prochaine, il est urgent pour la F1 de regarder ailleurs. L'attitude de Mercedes a été extrêmement ouverte, étalant sa trouvaille avec beaucoup de complaisance. C'en est presque suspect : focaliser l'attention des adversaires et des media sur cette innovation pouvait servir de leurre pour passer sous silence d'autres inventions plus probantes encore. La polémique Ferrari ? personne n'a intérêt à enfourcher ouvertement ce cheval (cabré) de bataille : c'est mauvais pour l'image de la F1 et donc pénalisant pour tous. S'il y a conflit, il devrait, de mon point de vue, se gérer en coulisses peut-être en monnaie d'échange ou en épouvantail à agiter. La voiture copie conforme d'une autre avec consentement (facturé) de son créateur, cela ne me trouble pas, surtout qu'on reste dans les limites du règlement. Pour le spectateur, vaut-il mieux deux monoplaces performantes supplémentaires dans le paquet ou un duo à la traîne ? A la limite, six Mercedes, six Ferrari et six RedBull ne constitueraient-elles pas un superbe plateau ? Autrefois, on recyclait les monoplaces de la saison précédente soit à la vente soit en location. Au moins, aujourd'hui, elles sont neuves. C'est aussi une alternative à des écuries inégalement représentées sur la grille. Je ne suis pas d'accord avec "la menace" planant sur les plus jeunes têtes du plateau pour une raison pragmatique : il y a actuellement peu de réserve à piaffer d'impatience en F2. La preuve en est que des vétérans sans illusion sur une saison supplémentaire dans l'antichambre de la F1 ont réussi à trouver des volants. Cela prouve que la vague suivante n'a rien d'un tsunami, du moins en 2020... Le sport auto, dans toutes ses disciplines est en danger par un travail de sape à plusieurs causes. Le culte de l'automobile s'éteint, ses coûts sont difficiles à contenir et les sponsors répugnent à soutenir un sport de moins en moins suivi et attractif. Les fleurons sont les arbres qui cachent des forêts de plus en plus déplumées. Il n'est qu'à voir les gradins ailleurs qu'en F1, Indy et Le Mans...


Sur 2020

La marque F1 est protégée. Motorsinside.com n'est associé, par aucun moyen, avec les entreprises du Formula One Group et le contenu que nous proposons n'est pas le contenu officiel.
Icon For Arrow-up