Laurent Rossi : "Plusieurs choix possibles"

MotorsInside est allé à la rencontre du patron d'Alpine, Laurent Rossi. Lors des 24 Heures du Mans, les 21 et 22 août derniers, il a évoqué Endurance et Formule 1. Une chose est sûre : l'avenir de la marque de Dieppe en sport automobile s'écrira en grandes lettres !
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Laurent Rossi a goûté à la victoire en F1
© Alpine / Laurent Rossi a goûté à la victoire en F1
Il y a beaucoup d'attentes concernant la suite de l'aventure d'Alpine en Endurance. Comment gérer cette excitation du public autour de votre avenir et le fait de devoir attendre avant d'annoncer quoi que ce soit ?

Nous explorons toutes les possibilités, sinon on resterait chez nous ! Il y a plusieurs choix possibles : LMH ;LMDh;s'en aller ! A titre d'indication, nous avons envie de rester.

Tout ce que je peux dire, c'est que l'on travaille là dessus en ce moment. On regarde notre plan d'affaires, qui doit être positif pour pouvoir envisager quoi que ce soit ! Mais il faudra attendre un petit peu avant de connaître les tenants et aboutissants de la suite.

Avec l'arrivée en masse de nombreux constructeurs en Hypercar, la concurrence sera particulièrement rude. Peut-être rester en LMP2 l'année prochaine avant de revenir en 2023 ?

On n'a pas peur de la concurrence ! On veut justement jouer avec les meilleurs dans la catégorie principale, et c'est ce pourquoi nous nous sommes lancés !

Qu'est-ce que la marque a souhaité prouver par ce grand saut dans la catégorie reine face aux mastodontes ?

Les choses que l'on veut se prouver en permanence, c'est que nous avons les qualités pour nous battre au plus haut niveau, que ce soit en Endurance ou en F1.
En WEC, nous n'avons certainement pas les moyens de Toyota, de même qu'en Formule 1 nous n'avons pas la meilleure voiture.

La course, c'est non seulement du matériel, mais aussi de l'humain : la manière dont on établit les stratégies, comment on les applique et par quels processus on travaille.

Ce que l'on prouve en endurance, c'est que l'équipe de Philippe Sinault gère très bien la pression, puisqu'au Mans, nous jouons le podium. Et c'est une excellente chose ! Cela signifie que l'on a la bonne base, un bon terreau, pour progresser et revoir nos ambitions à la hausse.


Côté Formule 1 : peu avant le Grand Prix de Hongrie, l'écurie Alpine avait annoncé le basculement des ressources vers la révolution de 2022. Et peu après, Esteban Ocon décrochait la victoire ! Comment gérer cela alors que les troupes ont dû être galvanisées ?

Il faut dire que cette victoire est arrivée bien plus tôt que sur notre tableau de marche. Depuis le début de l'année, nous avons beaucoup restructuré les équipes : il s'agit de l'encadrement de nos deux pilotes ainsi que de notre manière de préparer les performances de la voiture, les qualifications etc.

Nous faisons bien communiquer les pôles de Viry-Châtillon et d'Enstone pour améliorer en permanence les performances de la voiture. La victoire à Budapest est venue prouver que nous savions bien construire nos courses et que nous avions déjà les qualités pour gagner.

Mais il n'y a rien de paradoxal : nous avons basculé nos ressources vers 2022 puisque nous sommes arrivés au bout du développement de cette voiture, que nous faisons évoluer depuis presque 3 ans. Il est plus intéressant de basculer sur l'année prochaine, d'autant que nous avons maintenant le coeur léger quant à la qualité de notre travail.


L'avenir d'Alpine est assuré en Formule 1. Pour 2022, est-il trop tôt pour afficher des ambitions, ou bien savez-vous à peu près où vous placer ?

C'est encore tôt, car tout le monde autour de nous part aussi d'une feuille blanche. Nous ne faisons pas fi du passé, car certaines équipes ont déjà dû investir bien plus que nous dans cette nouvelle réglementation technique et auront un petit coup d'avance.

L'avantage, c'est que tout le monde part de zéro : nous arriverons l'an prochain avec un nouveau design. Rien ne dit que celui de Haas ou de Williams, voire le nôtre, ne sera pas le meilleur ! On présume de l'avance de certains, mais nous avons des compétences bien installées dans nos deux usines.

La première course de l'année prochaine ne va pas révéler grand chose. Chaque voiture va progresser très vite et ce sera un feu d'artifice ! On devrait voir des convergences de design et de performances. Nous avons les recettes pour faire bien, et ce sera intéressant !


Dans son optique d'être neutre en carbone d'ici 2030, la Formule 1 va passer aux moteurs à carburants 100% renouvelables en 2025. Est-ce que cela aura une totale cohérence dans l'évolution d'Alpine dans l'automobile ?



Bien-sûr, cela va dans le bon sens ! La F1 et la FIA ont compris qu'il fallait suivre les prises de conscience sociales en matière d'environnement. Avant, être écologique était un "nice to be" et pas un "must have". Personne ne souhaite voir l'Everest submergé dans 20 ans.

Aujourd'hui, il y a une prise de conscience bien plus forte et cela devient un critère décisif presque partout, ce que je trouve bien. Tous nos véhicules, aujourd'hui, se dirigent vers des énergies vertes et propres. Qu'on le veuille ou non, tous les marchés du monde finiront par nous l'imposer.

Ces critères nous aident dans le transfert des technologies, de la compétition à la voiture de route. Si la FIA avait laissé la F1 partir vers l'ultra-performance non propre, cela aurait posé problème. Personne n'achètera une voiture si on lui dit : "très cher, c'est une voiture excellente qui pollue beaucoup".

Nous sommes parfaitement alignés sur ces considérations. Cela nous rend les choses plus faciles, mais aussi aux autres constructeurs !
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